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Ce 24 septembre, à Brazzaville, une salle d’atelier a remplacé pour quelques heures les postes de contrôle. Une cinquantaine de douaniers y ont pris place, aux côtés d’acteurs venus des secteurs public et privé de la République du Congo.

Leur objet d’étude tient en trois lettres : SAO, pour substances appauvrissant la couche d’ozone. Derrière le sigle, des gaz de réfrigération, des solvants et des agents extincteurs qu’un agent de frontière doit apprendre à reconnaître, nommer et, le cas échéant, retenir.

Un atelier né d’une interdiction

L’initiative revient au ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, en collaboration avec le Bureau national d’Ozone. Elle prolonge l’interdiction de certaines substances chimiques nocives, décision qui exige désormais des relais concrets sur le terrain.

C’est la directrice générale de l’Environnement, Geneviève Samba, qui a lancé les travaux. L’objectif affiché est double : hausser les capacités techniques d’identification des SAO et armer les participants contre leur trafic illégal.

Le ciel bleu n’est pas une garantie

Le coordonnateur national du Bureau Ozone Congo, Lucien Ekou, a posé le décor sans détour. « Le ciel bleu ne signifie pas que tout est sous contrôle. Malgré les efforts internationaux, le trou d’ozone persiste », a-t-il rappelé devant la salle.

Il a chiffré la patience nécessaire : « Sa régénération complète pourrait nécessiter cinquante à cent ans, sous condition d’éliminer les gaz destructeurs. » Une échéance qui dépasse largement la carrière des agents assis ce jour-là devant lui.

La couche protectrice demeure vulnérable. Les HCFC et les HFC, encore présents dans les circuits commerciaux, continuent de menacer son équilibre malgré les efforts déployés pour la préserver.

Étiquettes, codes et détecteurs de réfrigérants

La formation est entrée dans le détail du métier. Étiquetage, codification, documents douaniers : les participants ont révisé la grammaire administrative qui permet de distinguer une cargaison conforme d’une cargaison suspecte.

Sont venus ensuite la classification, l’identification, la reconnaissance et la vérification des substances elles-mêmes. Les agents ont manipulé les équipements d’identification des réfrigérants, ces appareils qui tranchent là où l’œil et le bordereau ne suffisent plus.

Reste le plus délicat : que faire en cas de soupçon. Les mesures à adopter face à une suspicion de trafic illégal ont également été passées en revue, afin que le doute déclenche une procédure plutôt qu’un haussement d’épaules.

Des gaz qui s’attardent un siècle dans l’air

Les substances destructrices de la couche d’ozone regroupent le chlore, le fluor, le brome, le carbone et l’hydrogène, souvent réunis sous l’appellation d’hydrocarbures halogénés. Une famille chimique discrète, aux usages profondément installés dans l’économie quotidienne.

Les CFC, le tétrachlorure de carbone et le méthyl chloroforme figurent parmi les gaz destructeurs. On les retrouve dans la réfrigération, la climatisation, la fabrication de mousses et le nettoyage de composants électroniques, où ils servent de solvants.

Les halons, qui associent carbone, brome, fluor et parfois chlore, équipent surtout les extincteurs d’incendie. Leur nocivité tient à leur ténacité : ils ne se décomposent pas facilement dans la basse atmosphère.

Leur persistance peut durer de vingt à cent vingt ans, voire davantage. Un conteneur intercepté aujourd’hui à Brazzaville engage donc une échelle de temps qui n’a plus grand-chose à voir avec celle d’un contrôle de routine.

Faire de la prévention une habitude de frontière

Lucien Ekou a formulé l’ambition en une phrase : « Notre ambition est de faire de la prévention et du contrôle coopératif les fondations de la lutte contre le trafic illégal de SAO et de substances réglementées. »

Le coordonnateur assume de vouloir dépasser le simple contrôle réglementaire. Ce qu’il vise est plus diffus et plus durable : une culture de la vigilance, partagée entre administrations et opérateurs privés, où le réflexe précède la sanction.

Geneviève Samba a rappelé que la protection de la couche d’ozone constitue une priorité gouvernementale, ce qui justifie à ses yeux la tenue de cet atelier. Elle a appelé les participants à appliquer les connaissances acquises.

La directrice générale y voit une étape vers un dispositif national de protection plus solide. Reste que son efficacité se jouera moins dans une salle d’atelier que sur les points de passage où transitent effectivement les cargaisons.

Une cinquantaine d’agents formés ne referment pas un trou d’ozone. Mais dans un pays dont le ministère porte le nom du Bassin du Congo, la frontière devient un maillon assumé de la politique environnementale.

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