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Trois peaux et des dents de panthère, un fusil de chasse et des munitions saisis dans le nord du Gabon. Jugés à Oyem le 24 septembre, quatre prévenus ont écopé de deux mois de prison, dont un avec sursis : moins que ce que prévoit le Code forestier.

Woleu-Ntem : un circuit de trophées de panthère démantelé

Dans la province du Woleu-Ntem, au nord du Gabon, la panthère attire toujours les convoitises pour sa peau et ses dents. Une opération conjointe vient de mettre au jour un circuit présumé de commerce de ses dépouilles.

L’opération réunissait la Direction provinciale des Eaux et Forêts, la Police judiciaire et l’ONG Conservation Justice. Les enquêteurs ont d’abord interpellé trois personnes en possession de trois peaux de panthère et de plusieurs dents du même félin.

D’après les éléments de l’enquête rapportés par Gabonactu, ces trophées devaient être vendus illégalement. Une arme à feu de type Simplex, de calibre 12, ainsi que des munitions ont également été saisies au cours de l’intervention.

D’Essong 4 et Ebomane jusqu’au tribunal d’Oyem

Les interrogatoires ont conduit les enquêteurs vers deux autres suspects, arrêtés le même jour dans les villages d’Essong 4 et d’Ebomane. Présentés comme des complices présumés, ils étaient soupçonnés d’avoir pris part à l’abattage illégal de panthères et à l’exploitation de leurs dépouilles.

Les cinq mis en cause ont ensuite été placés en garde à vue dans les locaux de la Police judiciaire d’Oyem, pour les besoins de la procédure.

Le 18 septembre 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem a placé quatre d’entre eux sous mandat de dépôt. Le cinquième a été mis hors de cause à l’issue des investigations.

Deux mois de prison, dont un avec sursis

Le jugement a été rendu le jeudi 24 septembre. Les quatre prévenus ont été condamnés à deux mois d’emprisonnement, dont un mois assorti du sursis. Chacun doit en outre s’acquitter d’une amende de 100 000 francs CFA.

Le tribunal a également prononcé un million de francs CFA de dommages et intérêts au profit de l’administration forestière, en l’occurrence la Direction provinciale des Eaux et Forêts, selon Gabonmediatime.

Ce que prévoit le Code forestier gabonais

Sur le fond, le texte est clair. Son article 92 interdit la chasse, la capture, la détention, le transport et la commercialisation des espèces intégralement protégées, statut sur lequel reposaient les poursuites visant l’abattage des panthères.

L’article 275 fixe, pour ces infractions, une peine de trois à six mois d’emprisonnement et une amende comprise entre 100 000 et 10 millions de francs CFA. La loi autorise aussi le juge à ne retenir que l’une de ces deux peines.

Un écart entre la loi et le verdict

Mis côte à côte, les chiffres interrogent. La peine de prison prononcée, deux mois, reste inférieure au plancher de trois mois inscrit à l’article 275. Avec le sursis, la part ferme se limite à un mois.

Les amendes, elles, se situent au niveau le plus bas d’une fourchette légale qui monte pourtant jusqu’à 10 millions de francs CFA. Les comptes rendus disponibles ne détaillent pas les motifs retenus par le tribunal pour fixer ces sanctions.

Il serait donc hasardeux d’y voir une erreur de droit. Mais pour qui suit la protection des grands félins, l’écart entre la sévérité affichée du texte et la sanction effectivement prononcée mérite d’être souligné.

L’Ivindo, territoire de la panthère au Gabon

L’enjeu dépasse ce seul dossier. Le parc national de l’Ivindo abrite une importante population de panthères et figure parmi les zones du Gabon où la densité de ce grand félin est l’une des plus fortes, rappelle Gabonactu.

Rien, dans les éléments publiés, n’établit l’origine exacte des animaux abattus dans cette affaire. Mais la présence de telles populations dans les forêts gabonaises donne la mesure de ce que représente chaque peau qui quitte la forêt.

Conservation Justice, appui discret de la chaîne pénale

Dans cette affaire, l’ONG Conservation Justice a épaulé les services de l’État, aux côtés des Eaux et Forêts et de la Police judiciaire. Une collaboration où la société civile accompagne l’action publique contre le trafic de faune sauvage.

La nature précise de cet appui n’est pas détaillée. Le dossier montre en revanche une chaîne complète, de l’interpellation au jugement, celui-ci intervenant six jours seulement après le placement sous mandat de dépôt.

Reste la question de la dissuasion. Pour que la panthère du Woleu-Ntem et de l’Ivindo demeure un animal sauvage plutôt qu’une marchandise, le Code forestier offre des leviers que ce verdict n’a pas pleinement mobilisés.

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