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Les vingt ans du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza ont porté une demande forte du roi Makoko Michel Ganari : faire reconnaître le lieu de signature du traité avec Makoko Iloo 1er et la tombe de ce roi comme sites mémoriels de l’histoire du Congo.

Un double anniversaire placé sous le signe de la mémoire

Le 3 octobre 2026, le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza a fêté ses vingt ans. Implanté le 3 octobre 2006, il partageait cette date avec un autre jalon : les 146 ans de la signature du traité entre Makoko Iloo 1er et Pierre Savorgnan de Brazza.

Autour de ce double anniversaire se sont retrouvés universitaires, chercheurs, historiens, hommes de culture, communauté religieuse et autorités traditionnelles. Les sages de Brazzaville côtoyaient des notables des royaumes Téké et Loango, signe que la commémoration dépassait le seul cadre institutionnel.

La cérémonie s’est tenue sous les auspices du ministre délégué chargé de l’Industrie touristique, Prince Bertrand Bahamboula, qui représentait le ministre de la Culture, Jean Claude Gakosso.

Le message du roi Makoko Michel Ganari

Sa Majesté le roi Makoko Michel Ganari s’est exprimé par la voix de l’un de ses envoyés, qui a lu sa déclaration lors de la cérémonie. Le message visait large : tous ceux qui, au Congo et au-delà, restent attachés à la culture et au patrimoine congolais.

Le souverain y salue les efforts de la directrice générale du mémorial, Bélinda Ayessa, pour l’animation culturelle du lieu et son ouverture au monde. Une action menée, souligne-t-il, conformément à l’ambition du président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Le lieu du traité et la tombe de Makoko Iloo 1er

L’essentiel est venu en conclusion. La mémoire du royaume Téké, affirme-t-il, demeure vivante. Le souverain souhaite que le site où a été signé le traité et la tombe du roi Makoko Iloo 1er soient reconnus comme des sites mémoriels de l’histoire du Congo.

La demande déplace le regard. Le mémorial porte le nom de Pierre Savorgnan de Brazza ; la requête du roi Makoko met en lumière l’autre signataire, Makoko Iloo 1er, dont la tombe et le lieu de l’accord appellent, à ses yeux, une reconnaissance officielle.

Le choix des mots compte. En parlant de sites mémoriels « de l’histoire du Congo », le souverain inscrit ces deux lieux dans un récit national, au-delà de la seule histoire du royaume Téké.

Mémoire collective et patrimoine historique congolais

La directrice générale du mémorial, Bélinda Ayessa, a de son côté inscrit cette commémoration dans la vision du chef de l’État, qu’elle présente comme attaché à la préservation et à la valorisation de la mémoire collective et du patrimoine historique congolais.

Le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, président du Conseil départemental et municipal, a quant à lui rattaché l’anniversaire à la naissance de la capitale.

« En ce 3 octobre 2026, nous revenons symboliquement au 3 octobre 1880, date qui marque un moment fondateur dans l’histoire de notre capitale, lorsque Pierre Savorgnan de Brazza décida d’établir sur les rives du fleuve Congo le poste qui allait donner naissance à Brazzaville », a-t-il déclaré.

Transmettre l’héritage aux générations futures

Le représentant du royaume Loango a prolongé cette réflexion vers l’avenir. Il a souhaité que Brazzaville demeure une ville de paix, de progrès et de solidarité, et invité chaque génération à contribuer à sa construction en préservant son identité, sa culture et sa mémoire.

La transmission figurait aussi au cœur de la partie scientifique. L’un des deux panels, modéré par le professeur Edouard Ngamoutsika, avait pour thème « Héritier du passé, construire l’avenir : enjeux philosophiques de la transmission de la mémoire ».

L’autre panel revenait sur la construction des mémoires historiques et patrimoniales à Brazzaville, à travers les héritages du traité Brazza-Makoko et la trajectoire du mémorial. Auparavant, Auguste Nsonsissa, professeur titulaire à l’université Marien-Ngouabi, avait prononcé une conférence inaugurale consacrée à un dialogue entre mémoire et mémorial.

Deux signataires, une même mémoire à partager

Vingt ans après son implantation, le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza a servi de tribune à une requête qui le dépasse. La mémoire du royaume Téké s’y est exprimée à travers le message du roi Makoko Michel Ganari.

La demande est désormais posée publiquement. Pour les enseignants, les familles et les visiteurs, elle rappelle qu’un traité se lit depuis ses deux signataires, et que la mémoire se transmet aussi par les lieux.

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