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Le prix d’achat du gaz butane a presque doublé pour les distributeurs congolais, passant de 200 à 330 FCFA. Réunis par la ministre du Commerce, producteurs et distributeurs cherchent à rééquilibrer une filière dont dépend la cuisine de nombreux foyers.

Le gaz domestique, baromètre du pouvoir d’achat

Dans les cuisines congolaises, la bouteille de gaz n’a rien d’un accessoire. Des foyers en dépendent pour préparer leurs repas, et la moindre secousse sur la chaîne d’approvisionnement se lit très vite sur l’étiquette de prix.

Le site d’information Vox Congo résume la situation d’une formule : les soubresauts de la chaîne de production du gaz de pétrole liquéfié sont devenus le baromètre du pouvoir d’achat des ménages. Production qui s’enraye, distribution qui patine, et c’est le consommateur final qui paie.

C’est dans ce climat que Jacqueline Lydia Mikolo, ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, également chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), a reçu tour à tour les distributeurs, puis les producteurs de gaz.

Distributeurs : un circuit grippé de bout en bout

Face à la ministre, les distributeurs ont déroulé la liste de leurs difficultés, de l’approvisionnement jusqu’à la livraison. Approvisionnement difficile, coûts liés au péage, pénurie de carburant, hausse du prix du gaz : chaque maillon de la chaîne ajoute sa part de tension.

« Cette séance de travail était exclusivement consacrée à l’examen des prix du gaz que nous commercialisons », a expliqué Dev Silvery Elinga, directeur général de la société Congolaise des gaz de pétrole liquéfiés (GPL SA).

Selon lui, il s’agissait de présenter à la ministre « l’ensemble des difficultés » de la profession, « depuis l’approvisionnement jusqu’à la dernière étape de la chaîne, à savoir la livraison du produit au consommateur, le citoyen congolais ».

De 200 à 330 FCFA, l’écart qui inquiète

Le cœur du problème tient en deux chiffres. La structure tarifaire en vigueur, adoptée en octobre 2018, prévoyait un prix d’achat de 200 FCFA pour les distributeurs. Aujourd’hui, ceux-ci achètent le même produit à 330 FCFA, selon le patron de GPL SA.

Un tarif d’entrée qui a presque doublé, alors que la grille de référence date d’il y a huit ans. Les professionnels du secteur pointent précisément cet écart entre le prix réel d’approvisionnement et celui que prévoit la structure des prix.

Si la hausse devait être répercutée au détail, la bouteille de 12 kg, format le plus couramment utilisé, ne coûterait plus 6 400 FCFA mais environ 8 300 FCFA, voire davantage, a averti Dev Silvery Elinga. De quoi peser lourd sur le budget des familles.

Le butane, face au bois et au charbon

Pour un magazine attaché aux forêts du bassin du Congo, cette affaire de prix dépasse la seule question du portefeuille. Dans les foyers, le gaz domestique fait partie des énergies de cuisson qui se posent en alternative au charbon de bois et au bois de chauffe.

Les éléments disponibles ne chiffrent pas les arbitrages des ménages entre ces combustibles, et rien n’indique à ce stade un retour vers le charbon. La question mérite pourtant d’être posée : une bouteille plus chère resterait-elle une option à la portée de tous ?

C’est là que la stabilité de la filière prend une dimension environnementale. Un gaz accessible et régulièrement disponible compte parmi les leviers qui peuvent alléger la pression sur les ressources forestières. Un gaz rare ou trop coûteux fragiliserait ce levier.

Dialogue d’abord, contrôles ensuite

Côté gouvernement, le ton se veut ferme mais ouvert. « Notre approche ne se limite pas aux sanctions. Nous privilégions également le dialogue et la concertation », a déclaré Jacqueline Lydia Mikolo.

La ministre entend comprendre, auprès des producteurs, « les raisons qui les conduisent à fixer à 330 FCFA le prix d’entrée dans le circuit de distribution d’un produit de fabrication congolaise ». Le détail a son importance : le gaz est produit dans le pays, et son prix d’entrée reste pourtant élevé.

Elle a aussi prévenu les distributeurs. Des contrôles seront menés pour vérifier les conditions d’approvisionnement des différents revendeurs, et déterminer si tous les opérateurs achètent effectivement le produit aux mêmes conditions tarifaires.

Les consommateurs appelés à la vigilance

Le ministère dispose de mécanismes pour suivre l’évolution des prix sur le marché, a rappelé la ministre. Mais il compte aussi sur l’œil des citoyens : « Nous sommes tous Congolais, nous fréquentons les marchés et nous sommes capables de constater par nous-mêmes la réalité des prix pratiqués. »

D’où l’annonce d’un effort de sensibilisation accru, pour que les consommateurs restent vigilants et signalent « toute pratique anticoncurrentielle dont ils pourraient être témoins ».

Une filière en quête d’équilibre

Vox Congo a par ailleurs consacré un reportage vidéo à ces négociations, menées pour rétablir l’équilibre sur l’ensemble de la chaîne du gaz butane. Leur issue dira si la bouteille de 12 kg reste à 6 400 FCFA, ou si les ménages devront absorber le choc.

Entre producteurs, distributeurs et pouvoirs publics, chacun tient un bout de la chaîne. Tout l’enjeu est de retrouver un équilibre qui préserve à la fois la viabilité de la filière, le budget des familles et la place du gaz dans les cuisines du pays.

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