| Politique

Le CESE proche du terrain

Sous les voûtes solennelles du Palais des congrès, la présidente Emilienne Raoul a lancé la session inaugurale du Conseil économique, social et environnemental. Devant ministres, diplomates et ONG, elle a rappelé que « le territoire est le premier échelon du développement humain ».

Quatre ans durant, les cent cinquante-huit conseillers devront examiner projets de loi, stratégies sectorielles et réformes fiscales en partant des réalités de Ouesso, Dolisie ou Pointe-Noire. L’enjeu : faire dialoguer données locales et objectifs nationaux sans perdre le fil des urgences quotidiennes.

La plénière a adopté le règlement financier et réparti les membres dans six commissions permanentes chargées des dossiers sociaux, économiques, éducatifs, culturels, religieux et environnementaux. Chaque commission produira des avis transmis au gouvernement puis publiés pour la société civile.

Femmes et jeunes au cœur du mandat

Malgré la ferveur, un chiffre a jeté un léger froid : 48 % de femmes siégeant désormais au CESE, contre une majorité lors du mandat précédent. « Si l’on ne corrige pas cette tendance, la voix des femmes risque de s’estomper », a prévenu Emilienne Raoul.

Le constat vaut aussi pour la jeunesse. La présidente réclame des passerelles vers les entreprises afin que les jeunes conseillers accèdent aux données économiques et participent pleinement aux arbitrages. L’idée est d’en faire des “ambassadeurs de terrain” capables de vulgariser les décisions auprès de leurs communautés.

Une urbanisation à maîtriser

Le Congo fait partie des pays les plus urbanisés du continent. La croissance démographique de Brazzaville et Pointe-Noire rend urgente la planification durable des quartiers périphériques. Le CESE se fixe pour mission d’éclairer les choix en matière de mobilité, logement et gestion des déchets.

L’institution entend s’aligner sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les Objectifs de développement durable. Les avis à venir devront proposer des solutions résilientes, réduire l’empreinte carbone des villes et préserver la ceinture forestière qui protège encore les capitales du fleuve.

Un partenariat gouvernemental consolidé

Invité d’honneur, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a salué « une collaboration plus étroite avec toutes les couches sociales ». Il a assuré que les recommandations du CESE nourriront les politiques publiques, du plan national de développement aux réponses régionales.

Le chef du gouvernement voit dans cette mandature un laboratoire d’idées où l’expertise locale alimente la diplomatie économique et environnementale du Congo-Brazzaville. Les conseillers promettent des avis réguliers, fondés sur des enquêtes de terrain et des consultations communautaires.

Comment y aller

Le siège du CESE est situé au Palais des congrès, avenue des Trois-Martyrs. Les sessions plénières sont publiques sur inscription préalable auprès du secrétariat. Les visiteurs peuvent rejoindre le site en taxi-bus depuis l’aéroport international Maya-Maya en une trentaine de minutes, hors heures de pointe.

À savoir

Les avis rendus par le CESE ne sont pas contraignants, mais ils constituent une référence pour le Parlement et les ministères. Chaque texte est publié au Journal officiel, puis archivé en ligne pour permettre aux citoyens, aux chercheurs et aux médias d’en suivre l’impact.

Impact & solutions

En réinstallant l’écoute des territoires au cœur des décisions, le CESE peut accélérer l’accès à l’eau potable en zone rurale, améliorer la gestion participative des forêts communautaires et favoriser la création d’emplois verts pour les jeunes diplômés.

La société civile attend désormais des indicateurs clairs : nombre de recommandations reprises par les lois, budget alloué aux projets urbains et ratio femmes-hommes dans les organes exécutifs. La présidente Raoul s’engage à publier un rapport annuel pour mesurer ces avancées.

Comments are closed.

↑