Le 13 septembre, le palais des congrès de Brazzaville a accueilli la dixième édition du festival Mboté Hip-hop. La Fouine y a partagé la scène avec Makhalba Malechek, Jessy-B et Paterne Maestro, devant un public resté debout quatre heures durant.
Une scène urbaine qui remplit le palais des congrès
Il est des soirées où une ville se raconte par sa musique. Le 13 septembre, Brazzaville a choisi le hip-hop. Sur le podium du palais des congrès, la dixième édition du festival Mboté Hip-hop a déroulé quatre heures de musique sans interruption.
Le public n’a pas ménagé sa voix. D’un morceau à l’autre, il a accompagné les artistes, multiplié les pas de danse et lancé des cris de joie. L’ambiance, joyeuse, ne s’est pas relâchée de la soirée.
Le programme mêlait danses urbaines, hip-hop et Afro bit. Chaque passage a permis aux artistes de présenter leur expertise, leur parcours musical et leur génie créateur. Le festival affiche un objectif clair : l’unité et le rayonnement des cultures congolaise, française et africaine.
La Fouine, tête d’affiche d’une rencontre entre deux scènes
La tête d’affiche s’appelait Laouni Mouhid, alias La Fouine. Le rappeur français a partagé le plateau avec des rappeurs congolais, dans une soirée pensée moins comme une démonstration que comme un échange entre deux scènes.
Cette année, l’objectif du festival était précisément d’inviter La Fouine à partager son expérience avec les artistes locaux. La démarche ne s’est pas arrêtée à la salle : elle est allée jusque dans les quartiers périphériques, à la rencontre des acteurs du hip-hop congolais.
L’intention affichée était de permettre à ces derniers de donner le meilleur d’eux-mêmes. Une manière de rappeler que le hip-hop brazzavillois ne naît pas sur les grandes scènes, mais dans les quartiers qui le nourrissent.
Makhalba Malechek, Jessy-B et Paterne Maestro portent la relève
Serge Junior Elion-Nkou, connu sous le nom de scène de Makhalba Malechek, s’est dit satisfait de sa participation, la troisième sur la scène du festival. Il a exprimé son plaisir de partager l’affiche avec La Fouine, et exhorté la jeunesse à s’épanouir en se prenant en charge.
Jessica Francia Biggerman, alias Jessy-B, s’est dite honorée de partager la scène avec la légende du rap français. Sa prestation a pris la forme d’un hommage aux jeunes qui ont perdu la vie à la quête du travail, en voulant apporter leur pierre à l’édifice.
Elle a invité les jeunes à viser l’excellence et à donner le meilleur dans leur entreprise. Le propos dépasse la performance : il inscrit le festival dans les préoccupations quotidiennes d’une jeunesse urbaine nombreuse.
Auge Paterne Okonda Otou, alias Paterne Maestro, a dit sa fierté de jouer à Mboté Hip-hop. Il a souligné l’avancement du rap congolais à l’échelle nationale et internationale, et sa capacité à mettre en valeur la culture congolaise.
Les Tremplins, vivier des collectifs congolais
Le festival ne s’est pas résumé à ses têtes d’affiche. Plusieurs groupes et orchestres ont présenté leur savoir-faire sur le podium, donnant à la soirée l’allure d’un panorama plutôt que d’un simple concert.
Se sont succédé les collectifs des lauréats danse Tremplins 2025, les collectifs des lauréats musique et slam Tremplins 2025 et 2026, premier et deuxième groupes, ainsi que les collectifs des lauréats danse Tremplins 2026, le Jarnac et Samon.
Cette place laissée aux lauréats des Tremplins dit quelque chose du projet : un festival qui fonctionne aussi comme une chaîne de transmission, du repérage jusqu’à la grande scène du palais des congrès.
Dix ans de Mboté Hip-hop et un horizon international
La directrice déléguée de l’Institut français du Congo, Mantchini Traore, s’est dite ravie d’accompagner cette dixième édition. Elle a relevé les défis franchis durant ces dix années et évoqué un bilan destiné à faire passer le festival à l’échelle internationale.
Ce changement d’échelle commençait, selon elle, ce soir-là avec La Fouine. La formule résume l’ambition : faire d’un rendez-vous brazzavillois une porte d’entrée vers des circuits plus larges, sans renoncer à son ancrage local.
Dix ans après sa première édition, Mboté Hip-hop s’est installé dans le calendrier culturel de Brazzaville. Le palais des congrès, le temps d’une soirée, a fonctionné comme un lieu de patrimoine vivant, où une jeunesse se reconnaît.
Reste ce que le public a emporté en sortant : quatre heures d’une fête sans temps mort, et la confirmation qu’une scène urbaine congolaise sait remplir la plus grande salle de la capitale.





