Le samedi 5 septembre 2026, le ministre Juste Désiré Mondélé a parcouru les chantiers d’assainissement de Brazzaville. Des grands collecteurs de la rue Mbochis au marché moderne de dragage élevé sur l’ancien site de Mpila, la capitale congolaise inspecte ses ouvrages avant la rentrée scolaire.
Une tournée instituée le premier samedi du mois
La sortie n’avait rien d’improvisé. Elle applique une circulaire qui fait du premier samedi de chaque mois une journée d’opérations de salubrité dans les villes congolaises.
Le ministre de l’Assainissement urbain, du développement local et de l’entretien routier avançait entouré de cadres, d’agents placés sous sa tutelle et d’organisations non gouvernementales mobilisées sur la propreté urbaine. Une manière de rappeler que le nettoyage relève autant des institutions que des habitants.
Instituer une date fixe, c’est parier sur l’habitude. La salubrité cesse d’être une campagne ponctuelle pour devenir un rendez-vous, avec ses obligations pour les administrations comme pour les riverains.
Collecteurs de la rue Mbochis et ouvrages de la Tsiémé
Premier arrêt technique : les grands collecteurs de la rue Mbochis, puis les ouvrages de la rivière Tsiémé. Deux chantiers peu photogéniques, mais décisifs pour l’écoulement des eaux.
Le ministre s’est dit « satisfait de la qualité des réalisations et du respect des délais prescrit ». Il a annoncé que d’autres travaux d’assainissement seraient engagés rapidement, sans que le calendrier soit détaillé sur place.
Dans une ville bâtie entre plateaux et vallons, un collecteur mal entretenu déplace le problème plutôt qu’il ne le règle. La question du drainage traverse d’ailleurs toute la tournée, jusqu’à Mfilou.
Le marché de dragage, une renaissance sur le site de Mpila
À Talangaï, dans le sixième arrondissement, le marché moderne de dragage a retenu l’attention de la délégation. L’ouvrage s’élève sur l’ancien site de Mpila.
Le ministre a salué « la renaissance de ce quartier, victime des explosions du 4 mars 2012 ». La formule dit l’essentiel : ici, l’équipement public répare autant un tissu urbain qu’une mémoire collective.
Un marché couvert, correctement entretenu, change la vie quotidienne : moins de déchets dispersés, moins d’eaux stagnantes, un commerce sorti de la poussière et de la boue.
L’avenue des blindés, couture entre Kintélé et Ouenzé
La délégation a également observé l’avenue des blindés, destinée à relier Kintélé, Mikalou, Talangaï, Mpila et Ouenzé. Une colonne vertébrale pour le nord de Brazzaville.
Ces axes structurants participent de la politique d’assainissement : une voirie équipée oriente les eaux, fixe les itinéraires et facilite la collecte des ordures dans des quartiers longtemps difficiles d’accès.
L’itinéraire de la délégation dessine d’ailleurs une géographie cohérente : Talangaï, Mpila, Ouenzé, Mikalou, Kintélé, autant de quartiers du nord de la capitale reliés en un seul parcours.
Mfilou, un centre culturel face à la saison pluvieuse
Le centre culturel de Mfilou, financé par le Fonds africain pour la décentralisation en partenariat avec le Royaume du Maroc, figurait aussi au programme.
Le ministre y a échangé avec le nouvel administrateur sur les défis d’assainissement du quartier pendant la saison pluvieuse. L’équipement culturel et le caniveau y relèvent du même pari : rendre un quartier habitable toute l’année.
Des écoles propres avant le 1er octobre
La rentrée scolaire, fixée au 1er octobre 2026, donnait sa cadence à l’inspection. Le ministre a exhorté la communauté éducative et les collectivités à entretenir les écoles et leurs abords pour une rentrée saine.
Les abords, précisément : une cour balayée ne suffit pas si le caniveau voisin déborde. L’appel vise ce continuum entre l’établissement et la rue qui le dessert.
Brigades de surveillance et sanctions financières
La tournée a aussi eu son épisode d’autorité. Le ministre a défendu la fermeture d’une boutique, qualifiée de « mesure coercitive » appliquée après plusieurs avertissements.
Il a critiqué les commerçants qui exercent dans l’insalubrité malgré les règlementations en vigueur. Des brigades de surveillance et des sanctions financières doivent accompagner les opérations de curage et d’entretien des collecteurs.
Reste la partie la plus exigeante, rarement photographiée : l’entretien dans la durée. Un collecteur curé une fois vaut moins qu’un collecteur curé chaque saison, et c’est sur ce point que se jugera la politique annoncée.





