| Environnement

Le Forest Stewardship Council a réuni le 23 septembre à Brazzaville les cadres du ministère de l’Économie forestière. Objectif : décrypter les exigences du label FSC, alors que le Congo affiche environ 3 800 000 hectares de forêts certifiées.

Une journée d’échanges au cœur de la Semaine des forêts

Brazzaville a accueilli, le 23 septembre, une journée peu médiatisée mais dense. Le Forest Stewardship Council y a réuni les cadres du ministère de l’Économie forestière et des représentants d’organisations partenaires, autour d’un thème très technique : la certification forestière.

La rencontre s’inscrivait dans la Semaine des forêts, ou Forest Week 2026, organisée du 21 au 27 septembre sous le thème « Faites un geste pour les forêts ». Une campagne d’envergure internationale, qui cible le grand public, les décideurs et le secteur privé.

Au menu des discussions, l’approfondissement des connaissances sur la certification et l’urgence d’une gestion durable des ressources de l’écosystème du Bassin du Congo. La délégation régionale du FSC a détaillé son fonctionnement, ses objectifs et ses mécanismes d’accompagnement.

Ce que certifier une forêt engage vraiment

« La certification forestière est un processus volontaire au cours duquel un tiers indépendant atteste qu’une forêt est gérée de manière responsable sur les plans environnemental, social et économique », a expliqué De Souza Feujio, responsable de la certification pour les forêts communautaires et les petits exploitants.

Deux mots pèsent lourd dans cette définition. Volontaire, d’abord : la démarche relève du choix de l’opérateur. Tiers indépendant, ensuite : ce n’est ni l’entreprise ni l’administration qui juge, mais un auditeur extérieur au circuit commercial.

La responsable est revenue sur les dix principes fondamentaux du FSC, socle technique du label. Des critères rigoureux, pensés pour que l’exploitation réponde aux besoins économiques sans sacrifier la biodiversité ni les droits des populations locales.

L’équilibre est exigeant. Un massif certifié doit rester productif et rentable, tout en demeurant vivant. C’est là que le label se distingue d’une promesse commerciale : il repose sur des critères vérifiables par un tiers.

3,8 millions d’hectares : la position congolaise

Avec environ 3 800 000 hectares de forêts certifiées, la République du Congo — Congo-Brazzaville — s’impose comme un acteur majeur de la gestion forestière responsable dans la sous-région. Un volume qui place le pays parmi les poids lourds du Bassin du Congo.

À l’échelle mondiale, le FSC revendique 170 millions d’hectares certifiés. Créé en 1995, l’organisme définit les normes de gestion forestière responsable et bénéficie de la confiance des ONG, des consommateurs et des entreprises, a rappelé Stevie Ruchelle Sianard Bidjoua.

Responsable du développement des marchés pour le Bassin du Congo et l’Afrique de l’Ouest, elle a présenté le FSC comme un système de certification d’excellence. Cette confiance est le vrai carburant du dispositif : sans elle, le logo perdrait sa valeur sur les marchés.

Communautés locales et petits exploitants dans la boucle

Le portefeuille de De Souza Feujio dit beaucoup de la direction prise : forêts communautaires et petits exploitants, pour le Bassin du Congo et l’Afrique de l’Ouest. Les mécanismes présentés à Brazzaville visent les administrations publiques, les entreprises et les communautés locales.

Les modalités d’adhésion au réseau mondial ont été clarifiées par Nouman Burthen, responsable régional des adhésions pour l’Afrique. Question prosaïque, mais décisive : entrer dans le système suppose d’en comprendre les portes d’entrée et les engagements associés.

Pour les riverains des concessions, la question n’est pas théorique. Le respect des droits des populations locales figure parmi les critères du label, au même rang que la préservation de la biodiversité et la viabilité économique de l’exploitation.

Carbone, biodiversité et vies humaines

La Semaine des forêts rappelle pourquoi ces arbitrages comptent. Les massifs forestiers jouent un rôle vital dans la lutte contre le changement climatique par le stockage du carbone, et le Bassin du Congo abrite une biodiversité remarquable.

S’y ajoute le soutien socio-économique aux communautés locales et aux peuples autochtones, que la campagne place au même niveau que l’enjeu climatique. Trois fonctions imbriquées, qu’aucune politique forestière sérieuse ne peut traiter séparément.

En réunissant les acteurs-clés de la gouvernance forestière nationale, le FSC assume sa mission : servir de catalyseur pour transformer le marché et orienter la gestion des forêts vers une utilisation durable, la conservation et la restauration.

Reste l’essentiel, qui ne se joue pas en salle de réunion. Un label ne protège rien à lui seul ; il rend visible et vérifiable ce qui se passe sous le couvert forestier. À Brazzaville, l’exercice a consisté à en rappeler le mode d’emploi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

↑