Élu le 26 septembre à Brazzaville, Alain Ndongo prend la présidence de l’Ordre des architectes du Congo. Il hérite d’une loi promulguée en 2025 et de décrets attendus sur les sites classés, les monuments historiques et le patrimoine architectural.
Un nouveau bureau pour l’Ordre des architectes du Congo
Samedi 26 septembre 2026, l’assemblée générale élective de l’Ordre des architectes du Congo (OAC), réunie à Brazzaville, a porté Alain Ndongo à sa présidence. Son mandat court sur trois ans et pourra être renouvelé, conformément aux dispositions de l’Ordre.
Autour de lui, un bureau renouvelé. André Bitsené occupe la vice-présidence, Sandra Tchinianga le secrétariat général, tandis qu’Espérance Nkengué Bimangou tiendra les finances comme trésorière. Victor Kimpoutou a été élu commissaire aux comptes, chargé du suivi et du contrôle des opérations financières.
Sa mission : conduire les orientations de l’OAC et poursuivre les actions de promotion et de valorisation de la profession d’architecte au Congo (Journal de Brazza).
Antoine Béli Bokolojoué, douze ans et un record
Alain Ndongo succède à Antoine Béli Bokolojoué, resté douze ans aux commandes. Quatre mandats, un record : il est le seul président à en avoir accompli autant en 34 ans d’existence de l’Ordre. Il n’était pas candidat à sa succession, pour des raisons personnelles.
Député de Kimba, dans le département du Djoué-Léfini, il ne s’éloigne pas pour autant de l’institution : en tant qu’ancien président, il doit siéger au Conseil national.
« Je considère que j’ai accompli ma mission. Il revient à la nouvelle équipe de prendre le relais, en veillant à maintenir l’unité, la cohésion et le rassemblement au sein de notre institution », a-t-il déclaré, promettant de continuer à « œuvrer pour l’architecture et les architectes » de son pays.
Loi 10-2025 : la profession d’architecte enfin encadrée
Il y a trois ans, Antoine Béli Bokolojoué s’était engagé à faire aboutir une loi sur l’architecture. Pari tenu. Votée par le Parlement, la loi 10-2025 relative au titre, à l’exercice de la profession d’architecte et à l’architecture a été promulguée le 28 mai 2025 par le chef de l’État.
Le texte comble ce que l’ADIAC décrit comme un « vide abyssal ». « Je suis très fier et très heureux d’avoir conduit et porté cette loi au Parlement, car elle permet désormais de réglementer notre profession », a souligné l’ancien président.
Il a remercié le Parlement, le gouvernement, le Bureau exécutif et l’ensemble des architectes mobilisés autour du texte, rappelant qu’il appartient désormais aux architectes d’en faire bon usage.
Sites classés et patrimoine architectural : les décrets attendus
Reste à rendre la loi pleinement applicable. Selon Antoine Béli Bokolojoué, le gouvernement s’attelle à ses textes d’application, et des dispositions seront prises pour leur publication. Trois projets de décrets sont notamment cités.
Deux concernent l’organisation du métier : un Code des devoirs professionnels des architectes et un barème des honoraires. Le troisième touche directement la ville et sa mémoire bâtie.
Il porte sur la classification, la protection, la conservation, la réhabilitation ou la restauration des sites classés, des monuments historiques et du patrimoine architectural. Un texte qui relie la réforme de la profession à la sauvegarde du cadre bâti.
Ni le calendrier de publication ni la liste des sites concernés n’ont été précisés à ce stade.
Programmation urbaine obligatoire dans les projets publics
Loin de raccrocher, l’ancien président prépare un autre chantier : une proposition de loi portant Code de la commande publique de la maîtrise d’œuvre d’architecture.
Ce code, a-t-il expliqué, instituera la programmation architecturale, technique et urbaine comme étape préalable et obligatoire dans les projets publics. Aucun projet public ne pourrait donc être engagé sans ce travail de programmation en amont.
Le texte doit aussi instaurer des procédures adaptées aux petits contrats, des seuils pour les appels d’offres restreints et ouverts, ainsi que l’obligation d’un concours au-delà d’un certain seuil, dont le niveau n’a pas été communiqué.
« J’y travaille et elle aboutira. Après 12 ans à la tête de l’Ordre, un record, il est temps pour moi de passer à autre chose. Je vais servir mon pays autrement », a-t-il assuré, quittant le bureau exécutif « avec le sentiment d’un devoir accompli ».
L’Ordre des architectes, une institution née en 1992
Créé par la loi 013-92 du 29 avril 1992, l’Ordre des architectes du Congo est l’organisation professionnelle chargée de promouvoir la profession d’architecte et d’en contrôler l’exercice.
C’est à l’équipe d’Alain Ndongo de porter cette mission, alors que les textes d’application de la loi 10-2025, dont celui sur le patrimoine architectural, sont en préparation.
Antoine Béli Bokolojoué a laissé un mot d’ordre : « Ensemble, nous gagnerons des batailles, ensemble nous aurons des avancées ».



