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Réunis à New York, le Gabon, le Kenya, l’Éthiopie et le Nigeria font front commun pour débloquer l’argent du climat destiné aux forêts africaines. Un enjeu qui touche directement le bassin du Congo.

Une alliance scellée à l’ONU

En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, ces quatre pays ont scellé une alliance stratégique. Leur ambition : faire décoller les investissements indispensables à la sauvegarde du couvert forestier du continent.

L’idée est d’agir ensemble plutôt qu’en ordre dispersé, afin de débloquer le financement climatique dédié aux forêts africaines.

Des financements qui circulent mal

Un an après l’élaboration de la feuille de route consacrée au financement des forêts, le constat reste mitigé sur les flux financiers mondiaux.

Emelyne Cheney, directrice du secrétariat du FCLP, y voit toutefois une visibilité sans précédent. Le dernier rapport d’étape, dit-elle, « donne une image plus nette de là où les financements circulent, et de là où ils ne circulent pas ».

Face aux hésitations internationales, elle a rappelé le rôle central du continent : « Les forêts ne peuvent pas être reléguées au second plan de l’agenda climatique international : elles doivent en rester au centre. »

Six piliers face à un gouffre de 66,8 milliards

La feuille de route a été conçue pour combler un déficit de financement estimé à 66,8 milliards de dollars par an. Elle repose sur six piliers majeurs.

On y trouve la bioéconomie forestière durable, le REDD+ juridictionnel et le Fonds pour les forêts tropicales pour toujours (TFFF).

S’y ajoutent les chaînes de valeur soutenables, le financement public ciblé et la restructuration de la dette souveraine. La question forestière rejoint ainsi celle des finances publiques.

CAFI, vitrine du bassin du Congo

Dans cette dynamique régionale, Libreville fait figure de bon élève. Le Gabon, membre actif de l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI), s’inscrit dans un portefeuille qui a déjà généré 290 millions de dollars en paiements pour services écosystémiques.

L’ambition est d’atteindre 2 milliards de dollars d’ici 2035 dans le bassin du Congo. Le programme cible 7,8 millions de bénéficiaires directs.

Surtout, il garantit qu’au moins la moitié des retombées financières reviendra directement aux populations locales, aux agriculteurs et aux peuples autochtones.

Un « Paquet Pays » pour dialoguer avec les bailleurs

En parallèle, le Gabon a formalisé en 2025 son « Paquet Pays FCLP ». Cette structure nationale doit harmoniser ses priorités de développement économique avec les opportunités d’investissements responsables offertes par les bailleurs internationaux.

Cap sur la COP32 d’Addis-Abeba

Portée conjointement avec le Brésil et soutenue par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), cette dynamique africaine entend inverser la logique économique traditionnelle de la déforestation.

La COP32 est prévue à Addis-Abeba en 2027. À son approche, la coalition menée par le Gabon, le Kenya, l’Éthiopie et le Nigeria dispose désormais d’un levier politique puissant pour imposer la voix de l’Afrique et peser sur l’agenda climatique mondial.

Pour les forêts du bassin du Congo, l’enjeu reste le même : que l’argent circule enfin là où, selon le dernier rapport d’étape, il fait encore défaut.

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