Le 12 octobre 2026, le Dihé, cette spiruline issue des eaux du lac Tchad, a reçu son certificat d’Indication Géographique. Une reconnaissance qui protège un patrimoine alimentaire et conforte les milliers de femmes récolteuses du Kanem et du Lac.
Une algue du lac Tchad reconnue par l’OAPI
Sur les eaux du lac Tchad, une algue discrète vient de changer de statut. Le Dihé, nom donné à la spiruline qui y pousse, franchit une étape jugée décisive : protéger l’identité de ce produit local et renforcer sa notoriété sur les marchés régionaux.
La remise s’est déroulée le lundi 12 octobre 2026. Le ministère du Commerce et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) ont officiellement délivré le certificat d’enregistrement du Dihé en tant qu’Indication Géographique.
La distinction a une portée stratégique. Elle associe désormais officiellement le produit à son origine tchadienne et lui offre une protection juridique solide dans les 17 États membres de l’OAPI. Le nom du lac devient, en somme, une signature.
Une spiruline riche en protéines contre la malnutrition
La réputation du Dihé ne doit rien au hasard. L’algue est composée de 55 % à 70 % de protéines et se révèle extrêmement riche en fer, en vitamines et en antioxydants.
Ces qualités lui donnent un rôle clé dans la lutte contre la malnutrition et l’anémie. Ressource naturelle du lac, la spiruline pèse ainsi bien plus lourd qu’une simple denrée de marché.
Les femmes récolteuses du Kanem et du Lac au cœur de la filière
Derrière le Dihé, il y a d’abord des femmes. Au Tchad, le marché de cette spiruline représente une source de revenus vitale pour des milliers de récolteuses du Kanem et du Lac.
Selon la FAO, les programmes de modernisation de la filière ont déjà permis de générer plus de 50 millions de francs CFA de bénéfices directs pour ces ménages ruraux. Le chiffre donne la mesure de l’enjeu.
Le filtrage propre, levier de valeur pour le Dihé
Le changement passe en grande partie par les techniques de filtrage propre. Grâce à elles, le kilo de Dihé amélioré atteint désormais 4 000 à 5 000 FCFA en zone rurale, et jusqu’à 12 000 FCFA sur les marchés urbains.
Le produit brut traditionnel, lui, se vend seulement 1 000 FCFA le kilo. L’écart dit tout de ce qu’apporte un travail plus soigné à celles qui récoltent.
C’est précisément cette valeur ajoutée que la certification entend préserver, face aux risques de contrefaçon qui guettent un produit devenu plus rémunérateur.
Un label qui engage les producteurs
Le cap est fixé dans des propos rapportés par Africa24. La priorité consiste désormais à consolider les résultats obtenus et à accompagner les producteurs dans la mise en œuvre effective du cahier des charges du Dihé.
Il s’agit aussi de promouvoir la spiruline sur les marchés où ses qualités et son origine sont reconnues et valorisées.
Une autre déclaration, rapportée par la même source, s’adresse directement aux acteurs de la filière : « Un certificat ne protège que ceux qui le font vivre. » Le certificat y est présenté comme un outil précieux, qu’il revient aux producteurs de s’approprier.
Concrètement, cela suppose d’organiser le contrôle de la production, d’apposer l’étiquette qui distingue le vrai Dihé, de faire connaître le produit et de défendre son nom contre toute usurpation.
Le Dihé, ambassadeur du patrimoine alimentaire tchadien
Avec cette Indication Géographique Protégée, le Dihé tchadien s’ouvre de nouvelles perspectives de commercialisation. Une opportunité concrète de stimuler l’économie nationale.
Mais l’enjeu dépasse les chiffres. En protégeant le nom d’une algue née du lac Tchad, la certification ambitionne de faire du patrimoine alimentaire du pays un ambassadeur de premier plan.





