Dans le Niari, la route qui relie Mossendjo à Mbinda s’est muée en parcours d’obstacles. Sur 127 kilomètres, nids-de-poule et chaussée abîmée ralentissent voyageurs, transporteurs et marchandises, au détriment du désenclavement de tout un territoire.
Un axe de 127 kilomètres au cœur du Niari
Dans le département du Niari, au sud de la république du Congo, Mossendjo et Mbinda sont reliées par une route de 127 kilomètres. Sur le papier, il s’agit d’un axe stratégique. Sur le terrain, c’est devenu un trajet que les automobilistes redoutent.
Le constat dressé par le journal Les Échos du Congo-Brazzaville est sans appel : nids-de-poule en série, chaussée dégradée, trajets qui n’en finissent plus. Chaque voyage tient désormais de l’épreuve d’endurance, pour les véhicules comme pour la patience de ceux qui les conduisent.
Conduire entre les trous, une navigation permanente
Sur cette route, conduire ne consiste plus seulement à avancer. Il faut lire la chaussée, anticiper le prochain trou, slalomer de l’un à l’autre. Le volant devient, selon la formule du journal, « un véritable instrument de navigation ».
Les amortisseurs encaissent l’essentiel des chocs, au point qu’ils « mériteraient presque une prime de risque », s’amuse le confrère. À force de zigzaguer, les conducteurs finissent par se demander s’ils roulent encore sur une route ou sur un terrain d’entraînement pour pilotes de rallye.
À l’arrière, les passagers ne sont pas épargnés. Le trajet tourne à la « séance de gymnastique involontaire », écrit le journal, avec des secousses offertes gratuitement mais dont personne ne réclame l’abonnement. L’ironie dit surtout l’inconfort d’un déplacement devenu pénible.
Transporteurs : la facture d’une chaussée abîmée
Derrière l’humour, les conséquences économiques sont bien réelles, et ce sont d’abord les transporteurs qui les supportent. Rouler sur une chaussée défoncée fait grimper la consommation de carburant et use les véhicules avant l’heure.
À cette usure prématurée s’ajoutent des coûts d’entretien élevés et des temps de trajet rallongés. Pour un professionnel de la route, chaque liaison entre Mossendjo et Mbinda pèse à la fois sur le réservoir, sur l’atelier et sur l’emploi du temps.
Produits agricoles et marchandises suspendus à l’état de la route
L’enjeu dépasse le confort des usagers. Selon le journal, la dégradation de l’axe complique les déplacements des populations, ralentit les activités économiques et fragilise les échanges entre les localités concernées.
C’est par cette route que circulent les personnes, mais aussi les produits agricoles qu’il faut évacuer et les marchandises qu’il faut acheminer. Tous dépendent largement de la qualité des infrastructures. Une voie en mauvais état, c’est tout un circuit d’échanges qui tourne au ralenti.
Pour cette partie du pays, l’axe Mossendjo-Mbinda représente un enjeu important de développement économique. Le laisser se dégrader, c’est freiner un territoire dans sa capacité à circuler, à écouler ses récoltes et à commercer.
Désenclavement : l’appel à la réhabilitation
Face à ce tableau, le journal plaide pour l’action. Il appelle les autorités compétentes à accorder une attention particulière à cet axe, en envisageant des travaux de réhabilitation et un programme d’entretien régulier.
La revendication est simple : les populations ont besoin d’une voie praticable, entretenue et adaptée aux enjeux économiques de leur région. Mossendjo et Mbinda, estime le confrère, méritent mieux qu’une route où chaque nid-de-poule semble installé « pour un mandat à durée indéterminée ».
L’humour permet de dénoncer la situation avec le sourire, mais il « ne saurait remplacer le goudron ». Les automobilistes des deux localités préféreraient sans doute voir arriver les engins de travaux publics plutôt que de continuer à éprouver la solidité de leurs véhicules.
Une route praticable, condition de la mobilité dans le Niari
La question posée par cet axe de 127 kilomètres touche au quotidien de tout un territoire : se déplacer, transporter, échanger. Le journal la résume en une phrase : « Une route en bon état n’est pas un luxe : c’est une nécessité pour le désenclavement, la sécurité des usagers et le développement économique. »




