Une canalisation symbole de résilience urbaine
Mercredi 28 octobre 2025, un ruban tricolore flotte devant le Collège de la Paix. Sous les applaudissements des riverains, l’administrateure-maire Sylvia Makosso dévoile les dalles de béton flambant neuves qui recouvrent désormais le cours capricieux des eaux pluviales.
Long de 46 mètres, l’ouvrage relie l’avenue Saint-Esprit à la rue Louomo. Conçu et financé par la Société Global développement, connue pour son eau de source Globaline, ce couloir souterrain promet de détourner les ruissellements qui inondaient chaque saison les devantures d’échoppes.
Moungali face aux défis des eaux pluviales
Au cœur de Brazzaville, Moungali abrite plus de 160 000 habitants et concentre écoles, marchés et artères commerçantes. Les pluies courtes mais diluviennes y transforment les ruelles en torrents, charriant déchets et microbes vers les cours d’école.
Les études municipales évoquent des pertes économiques et un pic de paludisme après chaque crue. « Une flaque qui stagne, c’est la maladie qui s’invite », résume un infirmier du quartier. Le caniveau couvert cherche donc à casser ce cercle vicieux entre inondation et risque sanitaire.
Global développement, un acteur engagé
Basée à Ngoyo, l’entreprise a multiplié les gestes de responsabilité sociétale : réhabilitation du circuit d’eau de l’hôpital de Talangaï en 2023, puis celui de Bacongo début 2025. La canalisation de Moungali marque une nouvelle étape dans cette stratégie.
« Notre rêve de mai est aujourd’hui bétonné », lance Michel-Roger Bounda, directeur général adjoint, en rappelant la vision du P-D.G. Augustin Zodji. Selon lui, mobiliser les bénéfices d’une marque d’eau pour sécuriser l’eau de ruissellement est « un juste retour à la communauté » (Roland Kouloungou 2025).
Voix de quartier, espoir partagé
Sur l’avenue Saint-Esprit, Mme Yengo, vendeuse de légumes, parle d’un « soulagement tangible ». Avant, sa caisse en bois flottait littéralement lors des orages. Désormais, les dalles portantes servent de petit trottoir aux clients.
Le chef de bloc Nganga apprécie aussi l’esthétique : le couvercle en béton est régulièrement percé de regards pour l’entretien, évitant les dépotoirs à ciel ouvert. « C’est un ouvrage que les enfants ne verront plus comme une décharge, mais comme une protection », insiste-t-il.
Comment y aller
Depuis le centre-ville, rejoindre Moungali prend dix minutes en taxi-bus par l’avenue de la Paix. Le caniveau se situe derrière le Collège de la Paix, entre l’arrêt Saint-Esprit et le carrefour Louomo. La zone reste animée de jour, mais la mairie recommande d’éviter le stationnement prolongé aux heures de pointe.
À savoir
Le chantier a mobilisé vingt maçons et techniciens locaux durant huit semaines, sous supervision du service communal de génie civil. Les plaques amovibles peuvent être retirées pour le curage semestriel. La mairie a prévu un numéro vert afin que les habitants signalent tout dépôt sauvage dans la canalisation.
Impact & solutions
D’après les premières observations, les fortes pluies d’octobre n’ont pas submergé la rue Louomo, signe que le débit d’évacuation est suffisant. Une station de mesure improvisée par de jeunes ingénieurs de l’ENSP affiche une baisse de 60 % du niveau d’eau résiduelle par rapport à 2024.
Mme Makosso espère généraliser ce modèle de partenariat public-privé : « Chaque parcelle drainée, c’est un foyer protégé ». La mairie envisage de planter un cordon de vétiver le long des margelles pour stabiliser les sols et capter les métaux lourds.
Global développement, de son côté, annonce un fonds annuel dédié aux micro-infrastructures vertes. Les futurs projets incluront des rigoles végétales et des cuves de récupération des pluies dans les écoles du quatrième arrondissement.





