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Brazzaville : un projet déchets-plastique sur la table

Le 20 janvier à Brazzaville, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan Nonault, a reçu une équipe technique de Dangote Cement. La délégation était conduite par son directeur général, Frank Brouwers.

Au cœur des échanges, un sujet très concret : rendre opérationnel un projet de valorisation des déchets. L’objectif affiché est de transformer une partie des rebuts en ressources utiles, dans une logique industrielle et environnementale.

3 millions de dollars pour traiter déchets, huiles et paraffines

Le financement annoncé atteint trois millions de dollars, soit environ deux milliards de FCFA. Le projet s’inscrit dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises, un levier souvent mobilisé pour ancrer des actions durables sur le terrain.

Trois volets sont mis en avant : le traitement des déchets solides, des paraffines et des huiles usées. L’ensemble vise à structurer une filière de prise en charge, depuis la collecte jusqu’à la transformation.

Ciment et énergie alternative : l’enjeu de la substitution

Dangote Cement veut valoriser les déchets pour produire une énergie dite alternative, utilisée ensuite dans le processus de fabrication du ciment. L’idée est de diminuer la dépendance à un combustible plus traditionnel, le charbon.

« Nous sommes venus rencontrer madame la ministre pour essayer de regarder ensemble comment nous pouvons régler la problématique de l’approvisionnement des déchets », a expliqué le directeur de l’usine, Rashaid Fawad, rapportant les mots du directeur général.

Selon lui, l’entreprise a déjà mis en place un système permettant cette valorisation. Le point sensible reste l’organisation de l’approvisionnement en déchets, condition essentielle pour passer d’un dispositif technique à une routine industrielle.

Changement climatique : la promesse d’un impact mesurable

L’opérationnalisation du projet est présentée comme une contribution à la lutte contre le changement climatique. La logique avancée repose sur la réduction des déchets plastiques et la limitation de leur dispersion dans l’environnement.

Le projet est aussi associé à un discours sur la diversification économique. En structurant des activités autour de la collecte et du traitement, il peut stimuler des métiers, des services et des partenariats locaux, tout en répondant à une préoccupation urbaine visible.

Une démarche RSE déjà engagée depuis 2019

La société indique travailler sur ce projet depuis 2019. Cette temporalité suggère une maturation progressive, entre conception, tests, et recherche d’un cadre pratique pour alimenter régulièrement l’unité de valorisation.

Dangote Cement met également en avant d’autres actions au titre de sa RSE. L’année dernière, l’entreprise a réalisé des forages d’eau dans le village de Mfila ainsi qu’à Ndingui et à Moukosso, et a construit un bâtiment supplémentaire pour l’école primaire.

Impact & solutions : des déchets à la ressource, sans magie

Transformer le plastique et d’autres résidus en énergie ne supprime pas, à lui seul, la nécessité de réduire les déchets à la source. Mais, dans un contexte où la collecte et le traitement restent des défis, une filière de valorisation peut limiter les volumes abandonnés.

Le défi est de bâtir une chaîne fiable, du tri à l’acheminement. C’est là que se joue l’efficacité environnementale : une énergie alternative n’est crédible que si l’approvisionnement en déchets est organisé, traçable et compatible avec les capacités locales.

À savoir : un groupe industriel très présent en Afrique

Dangote Cement est présenté comme le premier producteur de ciment d’Afrique, avec des lignes de production et des stations de broyage. L’entreprise est présente dans dix pays africains, dont la République du Congo.

Pour le groupe, la production totale en 2024 est annoncée à 27,7 millions de tonnes, en hausse de 1,6 % par rapport à l’année précédente. Ces volumes donnent l’échelle des enjeux énergétiques liés à la fabrication du ciment.

Comment y aller : suivre le dossier côté institutions et industrie

Pour comprendre l’avancée du projet, le point de passage reste Brazzaville, où se tiennent les échanges institutionnels. Les discussions entre la tutelle environnementale et l’industriel structurent les étapes d’opérationnalisation.

Sur le terrain, l’intérêt consiste à observer la mise en place de l’approvisionnement en déchets et les circuits de collecte. C’est souvent là, plus que dans les annonces, que se vérifie la capacité d’un projet à tenir sa promesse écologique.

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