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Le pari d’un financement durable

Brazzaville, 1er octobre. Dans une salle animée, une trentaine d’experts ont passé deux jours à éplucher les notes conceptuelles issues des dialogues territoriaux de Biodev 2030. À l’issue des débats, les instruments de Paiement pour services environnementaux ont été officiellement validés.

La représentante du ministère, Aurore Zelda Nguitoukoulou, a salué une « étape cruciale » capable de transformer une idée en « proposition bancable », ouvrant la porte à de nouveaux financements verts et à la rémunération complète des communautés locales.

Un cadre financier vert se dessine

Grâce à cette validation, le Congo dispose désormais d’une feuille de route claire pour convaincre bailleurs et partenaires techniques.

Les certificats de biodiversité et les paiements pour services environnementaux formeront le socle d’un mécanisme apte à financer la gestion durable des forêts et des paysages, ambition au cœur de la deuxième phase de Biodev 2030 lancée le 7 janvier.

Cette feuille de route servira également de base à un plaidoyer régional, contribuant à positionner le Congo comme moteur des stratégies forestières en Afrique centrale.

Des communautés bientôt rémunérées

Les projets validés ouvrent une perspective simple : récompenser financièrement les villages qui préservent leurs ressources naturelles.

Pour Aurore Zelda Nguitoukoulou, ce « pas de géant » marque le passage d’une intention à un outil concret susceptible d’améliorer le quotidien, en liant conservation de la biodiversité et développement économique et social du territoire.

Les défis de la mise en œuvre

Les experts restent lucides : le Congo cumule cadres juridiques bien conçus et retards dans leur application.

« La validation n’est qu’une étape, le véritable travail commence maintenant », a rappelé la représentante du ministère, déterminée à ne pas répéter les expériences décevantes du passé.

Un dialogue multi-acteurs inédit

Les notes conceptuelles soumises à validation proviennent de concertations menées dans plusieurs départements, où autorités locales, ONG, entreprises et représentants de la société civile ont croisé leurs attentes.

Cette méthode de co-construction garantit que les futurs projets refléteront les réalités des territoires, limitant ainsi les risques de déconnexion entre décisions nationales et besoins du terrain.

Prochaines étapes techniques

Une équipe réduite d’experts devra à présent transformer chaque note en dossier complet, chiffré et assorti d’indicateurs de performance.

Les dossiers seront ensuite présentés aux partenaires financiers afin de lever les fonds nécessaires avant 2025, horizon fixé par le ministère pour une phase pilote sur le terrain.

Comment y aller

Les acteurs intéressés par le mécanisme peuvent rejoindre la plateforme de dialogue multi-acteurs installée à Brazzaville.

Un formulaire d’adhésion est disponible auprès de la direction générale de l’Environnement ; il permet d’accéder aux prochains ateliers techniques dédiés à la structuration des projets.

À savoir

La deuxième phase de Biodev 2030, lancée début janvier, vise prioritairement la coordination des actions nationales en faveur de la biodiversité.

Les certificats de biodiversité serviront de titre-échange pour mobiliser les fonds privés tandis que les paiements pour services environnementaux garantiront un revenu stable aux gestionnaires de terrain.

Impact & solutions

En combinant financement innovant et gouvernance inclusive, Biodev 2030 ambitionne de replacer la nature au centre de la planification économique congolaise.

Les participants à l’atelier ont réitéré leur engagement, convaincus que la préservation de la biodiversité renforce, et non freine, le progrès social.

Si la feuille de route est suivie, le Congo pourrait devenir une référence régionale en matière de financement écologique, tout en améliorant le quotidien des populations riveraines des forêts.

Pour suivre l’avancement, un système de suivi-évaluation sera adossé à la plateforme, avec publication semestrielle des progrès et des flux financiers.

La transparence financière sera au cœur du dispositif, condition essentielle pour instaurer la confiance des investisseurs et des communautés.

Une opportunité pour les jeunes

Le processus ouvre aussi des perspectives d’emplois verts pour les jeunes diplômés, appelés à jouer le rôle de facilitateurs et de techniciens de terrain.

Plusieurs universités congolaises ont déjà manifesté leur intérêt pour adapter leurs cursus et offrir des modules dédiés à la gestion des services écosystémiques.

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