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Vers une écologie rémunératrice

Brazzaville bruissait d’optimisme le 1ᵉʳ octobre. Après deux jours d’échanges, des experts ont validé les notes conceptuelles portant sur les Paiements pour services environnementaux et les Certificats biodiversité.

Le geste semble technique, il ouvre pourtant un horizon concret : celui d’une économie verte où la protection d’une forêt, d’une rivière ou d’un marais devient enfin une source de revenu tangible pour les riverains.

Une validation cruciale pour Biodev 2030

Lancée en 2020, l’initiative Biodev 2030 veut placer la biodiversité au cœur de la planification nationale. La validation des instruments, souligne la conseillère Aurore Zelda Nguitoukoulou, « est un pas de géant vers l’opérationnalisation ».

Dans son allocution, elle rappelle que le pays dispose désormais d’une feuille de route pour négocier des financements auprès de partenaires publics et privés, appuyant un plaidoyer longtemps attendu par les acteurs locaux.

Paiements pour services environnementaux : mode d’emploi

Le principe est simple : quiconque préserve un écosystème rend un service mesurable à la société – stockage du carbone, régulation de l’eau, maintien des habitats.

En retour, il perçoit une compensation financière négociée par contrat. Les communautés forestières, souvent premières gardiennes du patrimoine naturel, pourraient voir leurs efforts durablement reconnus et monétisés.

Certificats biodiversité : une monnaie verte

Ces certificats fonctionnent comme des titres attestant qu’une zone protégée maintient ou accroît son capital naturel. Ils peuvent être échangés sur un marché volontaire ou intégrés à des obligations vertes.

Pour les entreprises, acheter un certificat revient à compenser une empreinte inévitable tout en finançant des actions concrètes sur le terrain. Pour le Congo, c’est l’occasion d’attirer des flux financiers innovants.

Financer les communautés locales

À Makoua, au nord du pays, les responsables d’une coopérative de cacao agroforestier suivent de près l’outil PSE. « Notre production dépend directement de la bonne santé de la forêt », rappelle leur président, convaincu qu’un revenu complémentaire sécuriserait l’avenir des jeunes.

Le gouvernement ambitionne de canaliser 70 % des sommes vers les villages et groupements, un pourcentage salué par plusieurs ONG qui y voient un levier contre la pauvreté rurale.

Défis de mise en œuvre

La validation n’est qu’un départ. Aurore Zelda Nguitoukoulou avertit : « Le véritable travail commence maintenant ». Le pays doit traduire les notes en projets bancables, structurés, auditables.

La question de la mesure fiable des impacts, du suivi indépendant et de la transparence financière reste centrale. Les experts appellent à former rapidement des agents locaux capables de collecter les données écologiques et sociales.

Une plateforme multi-acteurs en marche

Depuis janvier, la deuxième phase de Biodev 2030 réunit administrations, chercheurs, ONG, chefs coutumiers et secteur privé autour d’une même table. Objectif : aligner les réglementations, lever les doublons et identifier les priorités régionales.

Ce dialogue permanent, salué par les participants, limite le risque de projets déconnectés du terrain et renforce la confiance des bailleurs internationaux.

À savoir

Biodev 2030 couvre l’ensemble du bassin congolais, soit près de 342 000 km² d’écosystèmes variés. Le programme cible la réduction d’au moins 20 % de la perte d’habitat naturel d’ici 2030 et la création de 10 000 emplois verts directs.

Impact & solutions

Les projections montrent qu’un hectare de forêt intacte pourrait générer jusqu’à 15 dollars par an via les PSE, un dividende non-négligeable pour les ménages. Les certificats biodiversité, eux, offrent aux entreprises une voie crédible pour afficher une neutralité écologique renforcée.

Combinés, ces deux instruments devraient, selon les estimations, mobiliser plus de 50 millions de dollars sur cinq ans et protéger des zones sensibles comme la réserve de Tchipouapa.

Comment y aller

Les voyageurs désireux d’observer la mise en place des projets peuvent rejoindre Brazzaville, puis emprunter la RN2 vers les plateaux de la Cuvette. La saison sèche, de juin à septembre, assure des pistes praticables et des conditions idéales pour le travail de terrain et la photographie.

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