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Les 13 et 14 novembre, Brazzaville accueillera le premier sommet Force 36 et le premier Gala de la RSE d’Afrique centrale. Plus de cinquante organisations de la société civile y porteront une feuille de route jusqu’en 2036, où le biogaz et le fleuve Congo figurent parmi les priorités.

Brazzaville, rendez-vous de la société civile d’Afrique centrale

L’annonce est tombée le 13 octobre, lors d’une conférence de presse organisée dans la capitale de la République du Congo. Mi-novembre, la ville recevra un double événement : la première édition du sommet Force 36 et le premier Gala de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) d’Afrique centrale.

L’initiative vient de la société civile. Elle est portée par la Fédération des organisations pour la résilience et le changement émergent, et coordonnée par l’association Communautés et peuples solidaires. Le secteur privé et les pouvoirs publics y sont associés en qualité de partenaires.

Plus de cinquante organisations se sont rangées derrière le projet. Leur ambition, telle que l’ont présentée les promoteurs : bâtir un cadre d’action collective dont l’impact se mesure à l’échelle macro-régionale, et non plus initiative par initiative.

Des micro-actions isolées à une stratégie décennale

Le diagnostic tient en une formule : sortir des micro-actions dispersées pour construire une stratégie globale. Celle-ci prend la forme d’une feuille de route sur dix ans, avec un horizon clairement fixé, 2036.

Le programme s’organise autour de quatre axes. Deux d’entre eux intéressent directement l’environnement et le grand bassin forestier et fluvial que ce magazine arpente : l’économie bleue et la transition énergétique.

Économie bleue : le bassin du fleuve Congo au cœur du projet

La feuille de route entend développer l’économie bleue à travers la valorisation du bassin du fleuve Congo. Le choix est significatif : le fleuve n’y apparaît pas seulement comme un décor ou un patrimoine, mais comme un levier de développement à part entière.

Les éléments rapportés de la conférence de presse ne précisent cependant pas les contours de cette valorisation. Aucun projet, aucun site, aucun montant n’a été détaillé. Le sommet devra montrer si cet axe se traduit en engagements concrets ou demeure, pour l’heure, une orientation de principe.

Biogaz et énergies propres, l’autre chantier vert

Deuxième pilier à forte résonance écologique, la transition énergétique passe, selon le programme, par le déploiement du biogaz et d’énergies propres. Là encore, ni les volumes visés, ni les territoires concernés, ni les porteurs de projets n’ont été communiqués.

Agriculture locale, jeunesse et entrepreneuriat vert

Les deux autres axes complètent l’ensemble. Le premier vise la souveraineté alimentaire et la transformation locale, par le renforcement des chaînes de valeur agricoles. Le second mise sur le capital humain, avec la formation de la jeunesse et l’entrepreneuriat vert.

La Zlécaf, aiguillon de la compétitivité régionale

La rencontre poursuit aussi un objectif plus économique : préparer les acteurs régionaux aux défis de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf). Pour Regis Mike Mvila, fondateur et gérant du cabinet Conseil éthique et performances, l’intégration régionale impose de relever la qualité des produits et services.

C’est, à ses yeux, la condition pour préserver la compétitivité des entreprises locales. « Si on ne s’adapte pas, nous serons engloutis avec l’arrivée de la Zlécaf », a-t-il averti. Avant d’ajouter : « Si nous voulons être compétitifs, nous devrons travailler pour l’excellence de nos produits et services. »

Il a également insisté sur ce que partagent les pays de la sous-région. « En Afrique centrale, nous avons les mêmes cultures. Nous avons des problématiques communes dans tous les domaines », a-t-il rappelé, en précisant que les questions de RSE seront abordées lors du sommet.

Concilier performance économique et engagements sociétaux

Côté patronat, l’organisation Unicongo était représentée par son chargé de projet, Murphy Pandzou. Il a souligné la nécessité pour le secteur privé de concilier performance économique et engagements sociétaux, un équilibre qui donne tout son sens au Gala de la RSE.

Le sommet se veut une plateforme d’échange directe entre entreprises, société civile, bailleurs de fonds et institutions publiques. Reste à savoir si ce dialogue permettra de passer des intentions aux moyens, pour que l’économie bleue et le biogaz quittent le registre des priorités affichées.

Les inscriptions et demandes de renseignements se font par courriel auprès de la fédération organisatrice.

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