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À Rome, en marge du Comité des forêts de la FAO, la République du Congo a réuni près d’une centaine d’acteurs pour préparer la Décennie des Nations unies sur le boisement et le reboisement (2027-2036). Une feuille de route en est sortie.

De Brazzaville à Rome, une même ambition forestière

Il y a des combats diplomatiques qui se mènent dans la durée. Le Congo est venu à Rome avec un fil conducteur : celui qui relie Brazzaville, où s’est tenue en 2024 la première Conférence internationale sur le boisement et le reboisement, à la future Décennie onusienne.

Entre les deux, une étape décisive : en 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé la Décennie des Nations unies sur le boisement et le reboisement conformément à la gestion durable des forêts. Elle couvrira la période 2027-2036 et s’inscrit dans la continuité de la rencontre de Brazzaville.

Un dialogue de haut niveau en marge du COFO28

C’est dans ce sillage que la République du Congo a organisé, récemment, un dialogue de haut niveau dans la capitale italienne. Le cadre était choisi : la Semaine mondiale des forêts 2026, tenue parallèlement à la 28e session du Comité des forêts de la FAO, le COFO28.

Près d’une centaine de participants ont répondu présent. Autour de la table se côtoyaient des représentants d’États et d’organisations internationales, des acteurs du secteur privé, des membres de la société civile et des scientifiques. Une diversité qui dit l’ambition affichée : faire du reboisement une cause partagée.

Rosalie Matondo et Qu Dongyu : des engagements aux actes

L’ouverture des travaux a donné le ton. Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, et la ministre congolaise de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, ont tous deux plaidé pour que les engagements internationaux se traduisent en actions concrètes, adaptées aux réalités nationales.

Derrière la formule, une évidence : une promesse signée dans une enceinte multilatérale ne plante aucun arbre. Tout se jouera dans la capacité des États à décliner ces ambitions sur le terrain, en tenant compte de leurs propres contraintes.

Inclusion et synergies, les deux mots d’ordre de la Décennie

De son côté, le Pr Labode Popoola, du Forum africain sur les forêts, a présenté les grandes orientations du futur cadre de la Décennie. Il a insisté sur la nécessité d’une participation inclusive, associant les différentes composantes de la société.

Le directeur de la division des forêts de la FAO, Zhimin Wu, a pour sa part souligné l’importance de renforcer les synergies entre les différentes initiatives internationales de restauration des écosystèmes. Autrement dit, faire en sorte que les programmes se renforcent au lieu de simplement coexister.

Restaurer les paysages et soutenir les populations

Sur le fond, les échanges ont porté sur les moyens d’accélérer le boisement et le reboisement : coordination des actions, partage des connaissances, renforcement des capacités, mobilisation des investissements. Les participants ont aussi partagé leurs expériences en matière de restauration et de gestion durable des forêts.

Les bénéfices possibles ont été soulignés : restaurer des paysages dégradés, renforcer la couverture forestière, favoriser la séquestration du carbone et soutenir les moyens de subsistance des populations. Chacun de ces objectifs touche à la fois la nature et la vie quotidienne de ceux qui en dépendent.

Une feuille de route vers le lancement de 2027

Les travaux ont débouché sur une feuille de route préparatoire au lancement de la Décennie en 2027. Elle prévoit de renforcer les connaissances et les données, de mobiliser pays, partenaires et ressources, et de mettre en place des mécanismes pour accompagner la mise en œuvre des actions.

Le calendrier est posé. Le Congo et ses partenaires comptent poursuivre leurs concertations jusqu’en 2027, afin de favoriser la mobilisation internationale autour de l’initiative et de préparer les conditions de sa mise en œuvre.

La diplomatie forestière congolaise à l’épreuve du temps

De Brazzaville en 2024 à Rome en 2026, le fil n’a pas été rompu. En portant ce dialogue en marge de la Semaine mondiale des forêts, le Congo confirme sa place parmi les promoteurs de la future Décennie.

Reste l’épreuve du terrain. Entre 2027 et 2036, c’est à la surface des forêts replantées, et non au nombre de réunions, que se mesurera la portée de cette mobilisation.

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