Dans le département du Niari, au sud du Congo-Brazzaville, de nombreux jeunes sans emploi ont trouvé dans la forêt et la plaine ce que le marché du travail ne leur offre pas. Leur gagne-pain tient en un geste : poser des pièges pour capturer les rats de brousse, les mbendés.
Le piégeage des mbendés, un revenu de substitution
Selon Les Echos du Congo Brazzaville, ces petits gibiers sont devenus une véritable source de revenus pour une partie de la jeunesse locale. Faute de contrat de travail, ces jeunes, parmi lesquels des diplômés, espèrent capturer quelques rongeurs pour assurer leur pitance quotidienne.
L’activité ne demande ni CV, ni lettre de motivation, ni entretien d’embauche. Elle exige d’autres compétences : connaître la forêt ou la plaine, savoir où placer ses pièges et s’armer de patience.
Un salaire suspendu aux prises
Le revenu dépend directement du nombre de mbendés capturés. Un jour, la récolte est bonne. Le lendemain, les pièges restent vides. Le journal congolais résume ce caractère aléatoire d’une formule : même le gibier semble parfois pratiquer « la politique de l’austérité ».
Pour ceux qui s’y consacrent, poser des pièges n’est pas seulement un moyen de subsister. Le média y voit une preuve de courage, de débrouillardise et de dignité, chez des jeunes qui refusent de rester les bras croisés face au chômage.
Dolisie, Mossendjo, Divenié : la chasse au mbendé dans le Niari
La chasse au mbendé est citée à Dolisie, Mossendjo, Makabana, Kibangou ou encore Divenié. Dans le département, certains jeunes font le tour des entreprises en quête d’un poste, tandis que d’autres vont vérifier leurs pièges en forêt.
La faune sauvage, recours face au manque d’emplois
Derrière cette ingéniosité, le journal soulève une question : pourquoi la forêt ou la plaine devient-elle le principal employeur de certains jeunes du Niari ? Le prélèvement de gibier sauvage apparaît ici comme une réponse au manque d’emplois.
L’article ne chiffre ni le nombre de piégeurs, ni le volume des captures, ni leurs effets sur les populations de rats de brousse. Il pointe en revanche une limite : cette chasse permet de survivre, mais ne saurait remplacer emplois, formations et opportunités économiques.
Des pièges qui en disent long
En attendant, les pièges continuent d’être posés. Le journal conclut avec ironie : dans cette « entreprise forestière », le patron est un rongeur qui ne signe aucun contrat. Une image qui dit à la fois l’inventivité de ces jeunes et la fragilité de leur situation.



