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La master class Pupuce Academy à l’honneur

Du 11 au 14 août, Brazzaville a vibré au rythme d’une master class inédite orchestrée par la Pupuce Academy. L’initiative, parrainée par Aurélie Makosso, ambitionnait de doter de jeunes femmes de compétences sociales et culturelles transcendant les modes actuelles et les frontières actuelles.

Marina Mondelé, porte-voix de la marraine, a rappelé que l’art de la table, l’étiquette et le savoir-vivre constituent un langage de respect. « Ces codes sont l’ADN de notre vivre-ensemble », a-t-elle déclaré devant un auditoire concentré et visiblement conquis et de l’ambition partagée.

Trois jours durant, les stagiaires, âgées de dix-huit ans ou plus, ont enchaîné ateliers pratiques et mises en situation. L’objectif consistait à transformer de simples connaissances en réflexes, afin que charisme et diplomatie deviennent des atouts lorsqu’elles évolueront dans des milieux exigeants.

Un héritage culturel valorisé

La Pupuce Academy s’inscrit dans la mémoire de Pupuce Ibata Ngalla, figure du mécénat culturel disparue en 2022. Pour sa nièce, Pucette Sassou N’Guesso, « préserver son œuvre, c’est investir dans la jeunesse, fer de lance de la modernité congolaise » en pleine ascension.

Cette première master class illustre une approche pédagogique holistique, mêlant savoir-être, entrepreneuriat et expression artistique. Les organisatrices affirment vouloir façonner des profils capables de porter un narratif positif sur le Congo, tant dans les enceintes internationales que dans les collectivités locales emergentes.

Selon le sociologue Arsène Mabiala, la transmission de références partagées constitue un facteur de cohésion nationale. « En articulant codes contemporains et rites ancestraux, l’Académie crée un pont identitaire essentiel », analyse-t-il, soulignant l’importance d’un ancrage culturel pour la mobilité sociale et l’émancipation féminine.

Des compétences transversales recherchées

Loin d’être une simple école de bonnes manières, la Pupuce Academy propose des modules d’éloquence, de gestion de projet et de numérique. Cette transdisciplinarité vise à préparer des carrières aussi bien dans la diplomatie que dans l’entreprise ou dans l’économie créative naissante.

À l’issue de la formation, chaque participante a reçu un certificat reconnu par l’Institut national de l’enseignement professionnel. Ce document, fruit de quarante heures d’apprentissage, renforcera leurs dossiers universitaires et leur employabilité sur le marché régional.

Les recruteurs interrogés dans le secteur pétrolier, principal employeur privé du pays, confirment leur intérêt pour ces soft skills. « L’étiquette est un signal d’adaptabilité aux environnements multiculturels », observe Adélaïde Ebina, directrice des ressources humaines d’une major implantée dans la zone côtière congolaise.

Une diplomatie du savoir-vivre

Le Congo-Brazzaville place régulièrement le capital humain au cœur de ses stratégies de développement. En soutenant des initiatives citoyennes, le gouvernement entend promouvoir une image ouverte et accueillante, condition sine qua non pour attirer investissements directs, partenariats universitaires et financements multilatéraux durables.

Dans ce cadre, la master class agit comme un outil de soft power. Les participantes deviendront, selon la ministre en charge de la promotion féminine, « des ambassadrices capables de raconter autrement notre hospitalité, nos arts culinaires et notre potentiel touristique » au monde.

Les retombées symboliques sont déjà visibles: couverture médiatique nationale, prise de parole sur les réseaux sociaux, et invitations dans des forums sous-régionaux. Autant d’espaces où ces jeunes femmes pourront déployer un leadership façonné par l’observation, la pratique, et le goût du détail.

Approche inclusive et perspectives

Bien qu’elle cible prioritairement les jeunes filles, la Pupuce Academy envisage d’ouvrir certains modules mixtes dès l’an prochain. L’idée est de consolider la cohésion de genre en favorisant l’apprentissage mutuel et l’échange d’expériences dans un environnement sécurisé et stimulant pour tous participants.

Des partenaires du secteur privé, notamment la Chambre de commerce de Brazzaville, négocient déjà des bourses pour les candidates issues de milieux modestes. Cette démarche vise à réduire les fractures sociales et à maximiser l’impact territorial de la formation et son rayonnement.

Le financement repose pour l’instant sur des contributions familiales et des mécènes. Les organisatrices élaborent néanmoins un business plan qui combine droits d’inscription, e-learning et événements culturels afin d’assurer la soutenabilité du projet et d’élargir sa portée continentale à moyen terme.

Un partenariat pilote avec une grande banque panafricaine est déjà annoncé pour financer des microprojets portés par les diplômées, favorisant leur insertion professionnelle durable.

Quel avenir pour les diplômées ?

Plusieurs anciennes lauréates du concours Miss Congo, formées par feue Pupuce Ibata Ngalla, occupent aujourd’hui des postes de cadre dans les télécommunications, la diplomatie ou l’événementiel. Ce précédent nourrit l’optimisme des familles qui voient, dans cette acquisition de soft skills, un passeport.

Pour la sociolinguiste Sylvie Tchicaya, les normes comportementales apprises agissent comme un capital symbolique convertible en opportunités. Elle explique que beaucoup d’institutions internationales considèrent désormais la maîtrise des codes interculturels comme un indicateur clé de leadership, au même titre qu’un diplôme universitaire.

Au-delà des trajectoires individuelles, la master class soulève une question de politique publique : comment généraliser ces apprentissages vertueux dans le système éducatif national ? Les discussions ouvertes avec le ministère de l’Éducation laissent entrevoir de futures synergies curriculaires.

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