Ils sont trente-trois. Le 18 septembre, à Brazzaville, en République du Congo, l’association Human Empress a nommé ces jeunes ambassadeurs de l’écologie du Bassin du Congo, au terme de la troisième édition du programme Couronne verte. Leur mandat courra deux années.
Derrière la photo de famille, cinq mois de travail. La formation et l’accompagnement ont porté sur le leadership personnel et collaboratif, l’écocitoyenneté, la gestion de projets, l’engagement communautaire et les initiatives liées à l’économie verte.
Cinq mois de formation pour des métiers verts
Couronne verte est le programme phare de Human Empress. Il vise à donner à la jeunesse congolaise des compétences concrètes pour répondre aux enjeux climatiques, promouvoir le développement durable et faire connaître les métiers verts.
L’intention dépasse le symbole. La nomination intervient après le parcours, et non avant : le titre récompense un apprentissage, puis engage ses titulaires sur une durée déterminée, deux ans, avec une feuille de route explicite.
Quinze projets, de l’agroécologie au recyclage
Pendant la formation, les participants ont présenté quinze projets, conçus individuellement ou en groupe. Ils couvrent l’agroécologie, le recyclage des déchets, l’énergie renouvelable, le leadership communautaire et la communication durable.
Cinq d’entre eux ont été distingués au cours de cette édition. Trois ont bénéficié d’un accompagnement spécifique de Human Empress et de ses partenaires, signe que la sélection ne s’arrête pas à la remise d’une distinction.
Les quinze porteurs de projets, eux, ont reçu un appui à la structuration de leurs initiatives. Cette prise en charge a été assurée par l’Agence nationale de la valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation (Anvri).
Le chef de service juridique et de la coopération de l’Anvri, Rodinet Ntsana, a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner ces porteurs de projets, en soutenant la coopération institutionnelle, le cadre juridique et la valorisation de leurs innovations.
Un mandat tourné vers les politiques climatiques
Le coordonnateur de la troisième édition, Jarel Maba-Tsiba, a résumé la mission : mener des actions de protection de l’environnement afin de lutter contre le changement climatique, pendant toute la durée du mandat.
Il va plus loin. Les ambassadeurs doivent, selon lui, être force de proposition dans les instances de décision où s’élaborent les politiques climatiques et environnementales, au niveau national comme international.
Cette ambition suppose des projets écologiques intégrant les Objectifs du développement durable. Autrement dit, sortir du geste isolé pour entrer dans un cadre de référence commun, lisible par les partenaires comme par les communautés concernées.
Pour Naomi Priscille Nitoumbi, nouvelle ambassadrice, la mission tient en trois mots d’ordre : sensibiliser les jeunes au civisme écologique, à la protection de l’environnement et aux enjeux climatiques.
Apprendre son territoire, la définition de Human Empress
La présidente de Human Empress, Paule Sara Nguie, refuse une écologie réduite à ses images les plus familières. Planter un arbre, ramasser des déchets : ces gestes comptent, mais ils ne suffisent pas à définir l’engagement.
L’écologie, dit-elle, consiste à apprendre son territoire, à dialoguer et à travailler avec les autres, afin de proposer des solutions, en créant des entreprises, en prenant soin de l’eau, de la biodiversité, des villes et des communautés.
Elle voit dans Couronne verte un espace d’apprentissage où les jeunes développent leurs capacités et comprennent qu’ils peuvent être des acteurs de la protection de l’environnement, et non de simples spectateurs.
Brazzaville attend des idées transformées en projets
Le ministre délégué chargé de la jeunesse et de l’éducation civique, Prince Michrist Kaba Mboko, a exhorté la jeunesse à transformer ses projets en actions concrètes, afin de créer des emplois dans les domaines écologique, climatique et environnemental.
« N’ayez pas peur de commencer petit. Une idée, une compétence, une initiative peuvent produire un changement autour de vous », a-t-il lancé, invitant les lauréats à promouvoir le civisme environnemental et à le faire vivre par leurs actions.
S’adressant aux nouveaux ambassadeurs, il a rappelé que le titre est une reconnaissance, mais qu’il doit surtout marquer un point de départ : transformer les connaissances en compétences, les compétences en initiative, l’initiative en impact.
L’environnement, une affaire de citoyens
Représentant le maire de Brazzaville, le secrétaire général du Conseil départemental et municipal, Boris Rodolphe Ngandza, a souligné que la ville a besoin d’une jeunesse capable d’entreprendre, de proposer et de participer à la recherche de solutions.
« Votre titre d’ambassadeur de l’écologie du Bassin du Congo vous donne la visibilité et la responsabilité de continuer à apprendre, à sensibiliser et à travailler avec vos communautés en transformant vos idées en projets », a-t-il déclaré.
Il a enfin rappelé que la protection de l’environnement n’est pas seulement l’affaire des institutions, des experts et des organisations spécialisées : elle concerne chaque citoyen. L’édition était organisée par Human Empress et ses partenaires.




