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Dans les hôpitaux publics de la République du Congo, la grève dure depuis le 6 août 2026. À l’Assemblée nationale, les syndicats ont chiffré leur condition de sortie : deux mois de salaire versés, et le mouvement pourrait être suspendu.

Une grève illimitée dans les hôpitaux publics congolais

Depuis le 6 août 2026, les établissements hospitaliers publics de la République du Congo fonctionnent sous le régime d’une grève illimitée avec service minimum. Le mot d’ordre vient de la Fédération syndicale des travailleurs de la santé et des affaires sociales, la Fésytrasas.

La formule mérite d’être lue avec attention. Une grève illimitée n’a pas de terme fixé d’avance : elle se suspend ou elle se poursuit. Le service minimum, lui, maintient une activité réduite, sans restituer le fonctionnement ordinaire d’un hôpital général.

Deux mois de salaire, la condition posée à l’Assemblée nationale

Le 3 septembre, les syndicats ont été reçus à l’Assemblée nationale par la commission Santé, Affaires sociales, Famille et Genre. Séance de travail plutôt que simple audition : le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public a lui aussi pris part aux échanges.

C’est là que la Fésytrasas a chiffré sa condition de sortie de crise. Deux mois de salaire payés, et la suspension du mouvement devient possible. Le reste, c’est-à-dire les arriérés accumulés, serait renvoyé aux prochaines sessions de négociations.

« Le minimum que nous avons proposé à la commission, à propos des encours, c’est deux mois. Si deux mois sont payés, nous pourrons obtenir la suspension de la grève », a déclaré le secrétaire général de la fédération, Nicolas Ngandzo.

Cinq mois d’encours et sept revendications syndicales

Devant les élus, le syndicaliste a rappelé que le cahier de revendications initial comportait sept points. Y figuraient les licenciements abusifs, la vétusté des plateaux techniques et les primes non attribuées. Le point central, à l’origine du mouvement, reste l’irrégularité du paiement des salaires.

Selon lui, les agents de santé ne cumulent pas moins de cinq mois d’encours impayé, le chiffre variant selon les établissements. Réclamer deux mois revient donc à demander moins de la moitié de ce qui reste dû.

Derrière ces sept points court un même fil : l’état matériel et humain de l’hôpital public. La vétusté des plateaux techniques, citée par les syndicats, concerne l’outil de soin lui-même, et pas seulement la feuille de paie.

Nicolas Ngandzo a également formulé un souhait de calendrier : que l’année 2026 ne se referme pas en reportant ses arriérés sur 2027, « comme l’effort avait été fait en 2025 par le gouvernement », a-t-il dit.

La réponse mesurée du ministre des Finances Christian Yoka

Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a replacé le conflit dans un cadre plus large. La grève des agents de santé, a-t-il souligné, s’inscrit dans un contexte de tensions sociales et de difficultés économiques qui dépassent le seul secteur sanitaire.

« Les préoccupations du Parlement résonnent avec celles du gouvernement. Nous suivons de manière permanente et attentive ces situations », a-t-il déclaré, précisant que le ministre de la Santé est en très bonne position pour connaître la réalité de cette grève.

Aucune solution immédiate n’a été annoncée à l’issue de la séance. Le ministre a en revanche réaffirmé la disponibilité du gouvernement à travailler avec les commissions parlementaires pour sortir de cette crise. Une porte ouverte, mais sans date.

La commission Santé en intermédiaire entre syndicats et gouvernement

L’échange s’est tenu au titre de la mission de contrôle du gouvernement dévolue à la commission. Sa présidente, Euphrasie Virginie Dolama, s’est engagée à poursuivre son rôle d’intermédiaire actif pour obtenir le déblocage des deux mois de salaire réclamés.

Cet engagement installe le Parlement en troisième acteur du dossier, aux côtés des syndicats et de l’exécutif. Son levier n’est pas budgétaire : il tient au suivi, au rappel et à la mise en relation des parties.

Ce que la grève dit de l’hôpital public congolais

Tant que la condition n’est pas remplie, le service minimum demeure la règle dans les hôpitaux généraux du pays. Un régime d’exception qui, au fil des semaines, s’installe dans le fonctionnement ordinaire des établissements.

La santé publique se joue aussi dans ces arbitrages comptables. Des salaires versés à échéance, des plateaux techniques entretenus : ce sont les conditions ordinaires d’un système de soins qui tienne dans la durée, bien avant les situations d’urgence.

Pour l’heure, tout se ramène à un chiffre : deux mois. La suite dépendra des prochaines sessions de négociations évoquées par les syndicats, et du calendrier que le gouvernement voudra bien leur donner.

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