À Mbinda, dans le Niari, l’eau potable reste une denrée rare. Les points d’eau y sont peu nombreux et souvent insalubres, et le risque de maladies microbiennes est bien réel. Un premier forage, installé par l’association L’SA, ouvre une brèche dans ce quotidien fragile.
Mbinda, l’ex-cité COMILOG en quête d’eau saine
Mbinda est une commune urbaine du département du Niari, dans le sud de la République du Congo. Dans le reportage que lui consacre Jean-Jacques Dounda (Les Échos du Congo-Brazzaville), elle apparaît sous un autre nom : l’ex-cité COMILOG.
Ce nom rattache la ville à une entreprise aujourd’hui fermée. Il dit aussi, en creux, qu’une page s’est tournée pour la localité, et que ses habitants en vivent encore les conséquences.
Parmi les difficultés du quotidien, l’accès à l’eau occupe une place centrale. Le constat de l’auteur est sans détour : à Mbinda, l’eau et l’électricité, pourtant des droits fondamentaux, restent « un luxe inaccessible ».
Des rivières pour seule ressource
Jusqu’ici, puiser de l’eau voulait dire marcher. Les habitants partaient avec leurs bidons, décrits dans l’article comme de véritables « compagnons de route », en direction des rivières Baguiema, Yordane ou Mbinda.
Ces trajets répétés avaient un prix, que l’on mesure mal de l’extérieur : du temps pris sur les autres activités, une fatigue qui s’accumule, et une dépendance à des points d’eau éloignés des maisons.
Points d’eau insalubres, une santé exposée
Le reportage ne s’attarde pas sur les chiffres, mais il pose un diagnostic clair. Les points d’eau de Mbinda sont rares et souvent insalubres. Trouver une eau à la fois proche et saine y relève donc de la gageure.
L’auteur en tire une conséquence directe : les risques de maladies microbiennes y sont grands. L’article ne cite ni pathologie précise ni donnée sanitaire, mais l’alerte suffit à rappeler que l’eau, ici, relève aussi de la santé publique.
C’est là que l’enjeu environnemental rejoint l’enjeu humain. La qualité d’un point d’eau conditionne directement la santé de ceux qui s’y approvisionnent. Une eau potable disponible près des habitations modifie donc, pour les familles concernées, l’équation du quotidien.
Le premier forage d’eau potable de la commune
C’est dans ce contexte que l’association L’SA, dont le nom signifie « Faisons » en langue inzebi, a installé le premier forage d’eau potable de Mbinda. L’ouvrage se trouve devant le centre commercial Décôté.
Pour les habitants, l’équipement représente bien plus qu’une infrastructure. Il signifie, selon l’article, du temps gagné, de la fatigue en moins et un accès plus facile à une eau potable, au cœur même de la vie quotidienne.
L’auteur reste pourtant mesuré. Les longues marches vers les rivières prennent fin, écrit-il, « ou du moins progressivement ». Un ouvrage unique ne suffit pas, à lui seul, à effacer la rareté des points d’eau décrite plus haut.
Le reportage salue une action de proximité, qui répond à un besoin essentiel. En installant ce forage, l’association apporte, selon lui, « du soulagement, de la dignité et un véritable mieux-être » aux habitants.
Le déclin de l’après-Comilog en toile de fond
Le forage ne fait pas oublier le contexte. Pour Jean-Jacques Dounda, la fermeture de Comilog a créé les conditions du déclin de Mbinda, un déclin qui renforce, écrit-il, « une régression de la vie tout court ».
Dans ce paysage, l’eau potable agit comme un révélateur. Là où les services essentiels font défaut, chaque point d’eau sain compte, et chaque initiative locale pèse plus lourd que sa taille ne le laisse penser.
L’auteur appelle d’ailleurs de ses vœux une réponse publique à la hauteur. Il invoque le « bâton de Moïse », symbole d’une action publique décisive, afin qu’il frappe à Mbinda et ouvre la voie « vers la délivrance et le progrès tant attendu ».
À Mbinda, l’eau potable comme premier pas
L’initiative de L’SA ne règle pas tout, et le reportage ne prétend pas le contraire. Elle montre toutefois qu’une réponse concrète peut rapprocher l’eau potable des familles et limiter le recours aux points d’eau insalubres.
Reste la question que soulève, en creux, l’appel de l’auteur à l’action publique : l’accès à une eau saine peut-il durablement reposer sur un seul ouvrage ? En attendant, à Mbinda, ces actes « font déjà couler l’espoir ».




