Sur l’esplanade de la basilique Sainte-Anne du Congo, les confessions religieuses de Poto-Poto ont prié ensemble, le 9 octobre, pour les 115 ans du troisième arrondissement de Brazzaville. Une cérémonie présentée comme un moment d’histoire, de mémoire et de destin partagé.
Poto-Poto célèbre ses 115 ans à Sainte-Anne
Pour marquer les 115 ans de la création de Poto-Poto, troisième arrondissement de Brazzaville, c’est l’esplanade de la basilique Sainte-Anne du Congo qui a servi de cadre, le 9 octobre, à un culte interreligieux. Le parvis d’une basilique catholique a ainsi accueilli une prière qui dépassait une seule confession.
L’initiative revient à Ferréol Constant Patrick Gassakys, député de la troisième circonscription électorale de Poto-Poto. Il préside également le comité d’organisation des festivités consacrées à cet anniversaire, dans lesquelles s’inscrit ce rendez-vous spirituel.
Un carrefour de fraternité à Brazzaville
Le thème retenu résume l’esprit de la journée : « Poto-Poto, carrefour de fraternité : unissons nos voix pour la paix et bâtissons ensemble notre avenir ». L’image du carrefour, posée d’emblée, reviendra dans les discours prononcés ce jour-là.
La célébration œcuménique a réuni les différentes confessions religieuses installées à Poto-Poto, aux côtés des filles et fils de l’arrondissement. Prières et prises de parole ont poursuivi un même but : consolider la paix et l’unité parmi ses habitants comme parmi ceux qui en sont originaires.
Ce détail compte. En associant habitants et originaires, la cérémonie a dessiné une communauté qui ne se limite pas aux seuls résidents, mais englobe tous ceux qui se rattachent à ce territoire par leurs racines.
Bâtir des ponts plutôt que des murs
L’abbé Jack Harold Nkodia a assuré la prédication. Il a insisté sur la nécessité de bâtir des ponts et non des murs, rappelant l’appel de Dieu à la paix dans le pays, et particulièrement à Poto-Poto. Il a aussi développé l’amour du prochain, en s’appuyant sur les saintes Écritures.
Dans le thème du culte, il a relevé trois mots : « Il y a l’unité ou la fraternité, il y a aussi la paix qui revient. On dira la paix véritable, durable. Le troisième mot, c’est l’avenir », a-t-il prêché, en référence à saint Jean, chapitre 13, versets 34 et 35.
L’officiant s’est ensuite appuyé sur le chapitre 10 de l’Évangile selon Luc. Selon lui, ce texte invite à voir en l’homme l’image et la ressemblance de Dieu.
Il a conclu par un appel : « Mettons de côté les us et les coutumes, les lois et les préceptes de nos familles, pour un Congo meilleur et pour un bel avenir pour les Congolais ».
La mémoire vivante d’un arrondissement
Pour Ferréol Constant Patrick Gassakys, ce culte constitue un moment d’histoire, de mémoire, de culture et de destin partagé. Dans son allocution, le président du comité d’organisation a proposé une définition de Poto-Poto qui dépasse le simple découpage administratif.
« Poto-Poto, c’est bien plus qu’un arrondissement. C’est une terre de rencontres, un carrefour de cultures, une communauté façonnée par des générations de femmes et d’hommes qui, malgré leurs différences, ont appris à vivre ensemble, à travailler ensemble et à construire un avenir commun », a-t-il déclaré.
Dans cette lecture, le patrimoine de Poto-Poto ne tient pas d’abord à des bâtiments. Il réside dans une manière de cohabiter, façonnée au fil des générations, que cet anniversaire offre l’occasion de rappeler à ceux qui y vivent ou en sont originaires.
Le député en a tiré la signification particulière de la cérémonie : « Il nous rappelle que nos convictions peuvent différer, mais que notre devoir de respect, de solidarité et de fraternité demeure commun ».
Une mémoire tournée vers l’avenir
En inscrivant un culte interreligieux dans les festivités, les organisateurs ont placé la mémoire de Poto-Poto sous le signe de la cohabitation des croyances. Paix, unité, avenir : les trois mots relevés par l’abbé Nkodia condensent le message adressé aux habitants et originaires.
À 115 ans, le troisième arrondissement de Brazzaville s’est ainsi raconté à travers ce qui le définit aux yeux de ceux qui ont porté la parole ce jour-là : un carrefour, où des convictions différentes partagent un même espace.


