Le 23 septembre à Brazzaville, le ministre de l’Assainissement urbain a reçu le groupe Albayrak, puis le maire de Nevers. Deux échanges, un même sujet : la ville. Bennes promises d’un côté, sommet de l’innovation urbaine annoncé pour mars 2027 à Kintélé de l’autre.
Une audience, deux dossiers urbains
Le 23 septembre à Brazzaville, Juste Désiré Mondelé, ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, a reçu deux interlocuteurs : Ahmet Albayrak, président du Conseil d’administration du groupe Albayrak, et Denis Thuriot, maire de la ville française de Nevers.
Rapprochées, les deux visites dessinent un même horizon. D’un côté la propreté quotidienne et ses camions. De l’autre les manières de penser l’urbain, à quelques années d’échéance.
Collecte des déchets : la qualité du service en question
Avec Ahmet Albayrak, l’échange a porté sur le suivi du projet d’assainissement de Brazzaville et de Pointe-Noire. La collecte des déchets en a formé le cœur, avec un constat sans détour : la qualité du service doit s’améliorer.
L’opérateur a répondu par du matériel. Son président a annoncé l’achat de nouveaux équipements, véhicules compris, destinés aux deux villes congolaises.
« Dans les brefs délais, il y a une promesse d’achat de véhicules qui seront acheminés au Congo le plus tôt possible. Une fois les véhicules arrivés, vous allez voir la différence dans les deux villes », a promis Ahmet Albayrak.
Dans une ville, le parc roulant commande tout : nombre de tournées, volume réellement enlevé, régularité du passage aux bacs. Sans bennes disponibles, la meilleure organisation tourne à vide.
Le projet couvre les deux principales agglomérations du pays, aux terrains dissemblables. Brazzaville s’étire le long du fleuve Congo, Pointe-Noire s’ouvre sur l’Atlantique. Drainage, densités et voiries y commandent des logistiques distinctes.
Équipements et carburant, le maillon fragile
« Actuellement, nous travaillons nuit et jour sans arrêt, mais nous avons un problème d’équipements et parfois de carburant », a reconnu le président du Conseil d’administration du groupe.
L’aveu déplace la question. Non plus la volonté, mais la logistique. Un approvisionnement irrégulier, une flotte immobilisée, et la chaîne se rompt au point le plus visible pour l’habitant : le bac non vidé.
Aucune date de livraison n’a été rendue publique. La promesse se mesurera donc à l’arrivée effective des engins, puis à la continuité des tournées, l’indicateur que les riverains vérifient d’eux-mêmes.
Kintélé accueillera un sommet des villes africaines en mars 2027
Second volet de l’audience. Accompagné de la députée-maire de Kintélé, Stella Sassou N’Guesso, Denis Thuriot a présenté le projet d’organisation de la première édition du Sommet international de l’innovation des villes africaines, le SIIV.IA, prévu en mars 2027 à Kintélé.
Le rendez-vous s’inspire du sommet que Nevers et Québec organisent depuis 2018. Lié à Kintélé par un accord de jumelage, le maire de Nevers a indiqué être venu appuyer la légitimité de ce salon.
« La France, plus généralement, souhaite porter des relations très positives avec le Congo, dans de nouveaux rapports. C’est aussi une concrétisation des volontés gouvernementales de travailler en coopération », a rappelé Denis Thuriot.
Depuis 2018, le format réunissait deux rives, la France et le Québec. Denis Thuriot s’est réjoui de voir l’Afrique s’y ajouter comme nouveau continent partenaire. C’est Kintélé qui en portera la première édition.
L’innovation urbaine, prolongement de la propreté
Les deux dossiers se répondent. Un sommet consacré à l’innovation des villes parle de mobilités, de services et de gestion des ressources. La collecte des déchets en est l’application la plus concrète.
Le portefeuille du ministre dit assez cette continuité : assainissement urbain, développement local, entretien routier. Trois leviers qui décident, ensemble, de l’état d’une rue.
Faute de ramassage, les déchets suivent la pente. Caniveaux, ravines, puis cours d’eau : le bassin du Congo commence à la sortie d’un quartier. Une tournée régulière agit comme une digue discrète.
Reste le calendrier. Mars 2027 laisse le temps de préparer Kintélé ; l’arrivée des véhicules, elle, se joue dans des délais plus courts. Brazzaville et Pointe-Noire jugeront d’abord sur ce second point.



