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Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum exigent le nettoyage immédiat des devantures. Balayage, désherbage, curage des caniveaux et ravalement des façades : les maires du Grand Libreville misent sur le civisme, avec des contrôles et des sanctions en arrière-plan.

Quatre communes alignées sur un même constat

Il est rare que quatre mairies parlent d’une seule voix. Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum l’ont pourtant fait, en signant ensemble un communiqué qui lance une opération de salubrité des devantures d’habitations et de commerces sur tout le territoire du Grand Libreville.

Le point de départ n’a rien d’un satisfecit. Les édiles disent constater, « pour le regretter, une persistance de l’insalubrité de notre environnement urbain ». La formule est sobre, mais elle décrit une situation installée dans la durée, que les simples rappels à l’ordre n’ont pas suffi à inverser.

Ce que les maires demandent aux habitants

Les prescriptions sont précises et ne laissent guère de place à l’interprétation. Populations, riverains et opérateurs économiques sont invités « instamment » à agir « sans délai », une formulation qui place la mesure du côté de l’urgence plutôt que de la sensibilisation au long cours.

Quatre gestes sont attendus. Le balayage des devantures d’abord, le désherbage ensuite, puis le curage systématique des caniveaux qui jouxtent et longent les concessions, enfin le ravalement des façades des habitations et des commerces.

L’énumération dit quelque chose de la méthode retenue. Plutôt que de tout attendre des services municipaux, les mairies redistribuent une part de l’effort vers les parcelles privées et leurs abords immédiats, là où l’entretien quotidien se joue réellement.

Les caniveaux, point sensible du cadre de vie urbain

Parmi ces gestes, le curage des caniveaux occupe une place à part. Ces ouvrages d’évacuation ne remplissent leur fonction que dégagés : un caniveau obstrué par les herbes, le sable ou les déchets cesse tout simplement de conduire l’eau vers l’aval.

Les maires ne détaillent pas les conséquences, mais leur communiqué relie explicitement la propreté à la « sécurité des personnes et des biens ». Le lien entre l’entretien du réseau d’écoulement et la protection des quartiers est ainsi posé, sans emphase particulière.

S’y ajoute la dimension sanitaire. Les édiles évoquent des nuisances à la fois visuelles et sanitaires, reconnaissant par là que l’insalubrité urbaine ne se réduit pas à une simple question d’esthétique ou d’image de la capitale.

Un fondement juridique puisé dans la décentralisation

L’opération ne repose pas seulement sur un appel au bon vouloir. Elle s’appuie sur les articles 44 et 48 de la loi organique relative à la décentralisation, ainsi que sur le plan d’urgence consacré à la propreté du Grand Libreville.

Ce double ancrage éclaire la démarche. Le renvoi à la loi organique rappelle que les maires agissent dans le cadre de leurs attributions ; la mention du plan d’urgence inscrit l’opération dans un dispositif déjà engagé, et non dans une initiative improvisée.

Le civisme écologique érigé en levier de gestion

Le communiqué assume une philosophie. « La propreté de notre cité est une responsabilité individuelle et partagée », écrivent les maires, dans une phrase qui résume toute la stratégie : sans adhésion des habitants, aucune brigade ne suffira jamais.

Ils poursuivent : « Le civisme et l’implication de chacun sont indispensables pour redonner à nos villes leur éclat et garantir la sécurité des personnes et des biens ». L’expression « redonner leur éclat » suppose un état antérieur que les édiles jugent meilleur.

Le texte va plus loin en désignant le comportement incivique comme une cause directe de l’insalubrité. Ce glissement du constat technique vers la responsabilité individuelle constitue sans doute la véritable inflexion de la démarche municipale.

Contrôles annoncés et sanctions promises

Reste la question de l’application. Les services compétents de contrôle de chaque commune sont chargés d’exécuter ces prescriptions, et des brigades doivent parcourir prochainement l’ensemble des territoires concernés afin de veiller au respect strict des consignes.

L’avertissement est explicite. « Tout contrevenant s’exposera aux sanctions prévues par la règlementation en vigueur », préviennent les maires, sans préciser publiquement la nature ni l’ampleur de ces sanctions réglementaires.

La mécanique est donc classique : une injonction, un délai implicite, un contrôle, puis une sanction. Sa réussite se mesurera moins au nombre de contrevenants relevés qu’à la durabilité des devantures dégagées, une fois les brigades passées.

Un test pour la propreté durable du Grand Libreville

L’efficacité d’une opération de salubrité tient rarement à son jour de lancement. Elle se joue dans les semaines qui suivent, lorsque l’attention retombe et que les herbes repoussent le long des caniveaux fraîchement curés.

En associant quatre communes, un fondement juridique, un plan d’urgence et un régime de contrôle, les maires du Grand Libreville se donnent les moyens d’une action coordonnée. Le reste appartient aux devantures, et à ceux qui les habitent.

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