Quatre hommes interpellés le 11 août dans la réserve naturelle de Lésio-Luna, puis six armes et 469 munitions saisies deux jours plus tard : le district d’Odziba, au Congo-Brazzaville, vit une séquence inhabituelle. Retour sur une traque qui éclaire le travail patient des éco-gardes.
Trois jours, deux opérations dans le Djoué-Léfini
Le 11 août 2026, quatre hommes âgés de 31 à 46 ans ont été interpellés par les éco-gardes de la réserve naturelle de Lésio-Luna, dans le district d’Odziba, département du Djoué-Léfini, en République du Congo.
L’arrestation est intervenue au cours de patrouilles de routine, ces marches longues et discrètes qui rythment le quotidien des équipes de terrain. Les suspects ont ensuite été conduits au commissariat de police d’Odziba.
Deux jours plus tard, le 13 août, une seconde opération a visé le village Yono, dans le même ensemble protégé. Policiers et éco-gardes y ont mené une perquisition conjointe, appuyée techniquement par le Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage.
Une arme de calibre 12, puis un arsenal à Yono
Les quatre hommes interpellés le 11 août détenaient une arme de chasse de fabrication locale, de calibre 12, ainsi que des munitions (Les Échos du Congo-Brazzaville). Un attirail modeste, mais suffisant pour opérer à l’intérieur d’une aire protégée.
La perquisition de Yono a livré une tout autre moisson : six armes à feu, soit quatre calibres 12, un PMK et un pistolet, auxquels s’ajoutent seize chargeurs et un sac contenant quatre cent soixante-neuf munitions.
Ces pièces sont désormais conservées au commissariat de police du district d’Odziba, où elles servent de preuves matérielles dans le dossier ouvert contre le propriétaire présumé des lieux.
Un chef de bande présumé toujours en cavale
Le domicile perquisitionné serait celui d’un présumé chef de bande organisée de braconniers. Absent lors de l’intervention, l’homme reste recherché. Les sources consultées rapportent, au conditionnel, qu’il serait militaire.
Il aurait été dénoncé par deux complices interpellés le 3 juin dernier à l’intérieur de la réserve. Une fois retrouvé, il pourrait être poursuivi pour détention illégale d’armes et de munitions de guerre, chasse et pénétration dans une aire protégée.
L’hippopotame, une espèce intégralement protégée
Les deux hommes arrêtés en juin transportaient une quantité importante de viande boucanée d’hippopotame, espèce intégralement protégée par la réglementation congolaise. Un indice concret de ce qui se joue derrière les procès-verbaux : la disparition silencieuse d’une faune emblématique du bassin du Congo.
Ils ont été jugés et condamnés le 21 juillet 2026 par le Tribunal de grande instance de Brazzaville. Ce précédent judiciaire, encore frais, pèse sur la séquence ouverte à Odziba au mois d’août.
Ce que la loi congolaise interdit dans une aire protégée
Le cadre est explicite. « La pénétration, la pêche et la chasse dans une aire protégée sans autorisation sont formellement interdites par la loi », rappelle la presse congolaise à propos de ces interpellations (Les Échos du Congo-Brazzaville).
Les quatre hommes appréhendés le 11 août encourent des peines de prison ferme assorties d’amendes, conformément à la législation nationale. Leur dossier suit désormais son cours devant les autorités compétentes.
Dans les deux affaires, l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage a accompagné les services de l’État. Cette collaboration entre police, éco-gardes et structure spécialisée constitue la colonne vertébrale du dispositif.
Les éco-gardes, sentinelles discrètes de la réserve
Ces deux opérations résultent des patrouilles ordinaires menées dans la réserve pour la conservation de la biodiversité. Rien de spectaculaire dans le principe : marcher, observer, relever des indices, revenir. C’est de cette régularité que naissent les résultats.
Les autorités congolaises affirment leur volonté de sanctionner avec fermeté toute violation des dispositions protégeant les espèces animales menacées. La saisie de Yono, par son volume, donne à cette déclaration une traduction très matérielle.
Reste l’essentiel, moins visible que les armes alignées sur une table de commissariat : chaque animal épargné à Lésio-Luna prolonge un équilibre écologique que quelques cartouches suffisent à rompre. La traque se poursuit, et l’homme recherché n’a pas encore été retrouvé.

