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La Maison des archives a ouvert le 15 août une cagnotte d’un mois pour refaire la toiture des anciens locaux de Télé-Congo. Objectif affiché : 1 435 000 FCFA, et la sauvegarde de décennies d’images congolaises menacées par l’eau.

Une toiture dégradée menace la mémoire filmée du Congo

Le danger ne vient ni du feu ni de l’oubli, mais de l’eau qui s’invite. Dans l’ancien bâtiment de Télé-Congo, la toiture s’est dégradée au point de laisser passer les infiltrations, jusqu’aux salles où reposent les archives audiovisuelles de la télévision nationale.

Ces infiltrations font peser un risque sérieux sur des supports que rien ne remplace. Une bande abîmée par l’humidité ne se répare pas : elle disparaît, avec les images qu’elle portait. La Maison des archives a donc choisi de traiter l’urgence avant l’inventaire.

718 contributeurs pour 1 435 000 FCFA

La campagne, lancée le 15 août, court jusqu’au 15 septembre 2026. Elle vise 1 435 000 FCFA, une somme calibrée sur une première intervention d’urgence : la réfection de la toiture du bâtiment, rien de plus, rien de moins.

Le montage repose sur une arithmétique volontairement modeste. La Maison des archives compte sur 718 contributions de 2 000 FCFA, soit 1 436 000 FCFA, un léger surplus par rapport à l’objectif. Le prix d’un geste ordinaire, multiplié par la mobilisation citoyenne.

Ce choix dit quelque chose de la méthode retenue. Plutôt que de s’adosser à un unique bailleur, la campagne mise sur le nombre et fait de la préservation du patrimoine une affaire partagée, non un dossier technique réservé aux seuls spécialistes.

Ce que gardent les archives de Télé-Congo

Le bâtiment abrite des décennies d’enregistrements de la télévision nationale. On y trouve la trace d’événements politiques majeurs, d’activités culturelles, de compétitions sportives, mais aussi des témoignages personnels qui racontent l’histoire du Congo à hauteur d’habitants.

Reportages, émissions et images d’archives forment un dépôt de la vie politique, sociale et culturelle du pays. Cette matière intéresse autant les historiens et les enseignants que les familles en quête de visages autrefois passés à l’écran.

Rien de tout cela n’existe en double. Contrairement aux paysages du bassin du Congo, que l’on peut photographier à nouveau, une image d’archive perdue ne se retourne pas. C’est cette qualité d’irremplaçable qui fonde le caractère d’urgence de la collecte.

Protéger le bâtiment d’abord, numériser ensuite

La Maison des archives insiste : la protection physique passe avant tout le reste. Tant que l’eau entre, l’inventaire, le catalogage et la numérisation demeurent des chantiers théoriques, condamnés à travailler sur un fonds qui s’abîme plus vite qu’on ne le traite.

L’ordre des opérations peut sembler prosaïque au regard de l’ambition patrimoniale. Il conditionne pourtant tout le reste, car aucun plan de sauvegarde ne tient si le local qui abrite les collections continue de laisser filtrer l’eau sur les rayonnages.

La toiture constitue donc la première phase. Une fois le bâtiment mis hors d’eau et les supports protégés de l’humidité, les conditions seront réunies pour engager l’inventaire, la conservation, puis la conversion des documents en formats numériques.

Cette numérisation demeure l’horizon annoncé. Elle vise à éviter que la dégradation des supports d’origine n’emporte définitivement les contenus, en produisant des copies affranchies du sort réservé aux bandes et aux boîtiers d’époque.

Une date d’indépendance transformée en appel

Le calendrier n’a rien d’un hasard. La campagne a été lancée le 15 août, jour du 66e anniversaire de l’indépendance de la République du Congo, au moment où le pays célèbre son histoire et mesure ce qu’il en a réellement conservé.

En associant la fête nationale à un chantier de conservation, la Maison des archives déplace le regard. La mémoire n’est pas seulement un discours commémoratif : c’est un bâtiment, une toiture, des rayonnages et un budget à réunir.

Le geste demandé, à 2 000 FCFA, reste accessible. Il transforme la célébration en participation directe et donne à chacun une part dans ce que le pays gardera, demain, de ses propres images.

Un patrimoine fragile, à hauteur de gouttière

Le Congo veille sur ses forêts, son fleuve et ses aires protégées. Il lui reste à protéger, avec la même constance, les images qui documentent sa vie collective, aujourd’hui logées dans un bâtiment que l’eau menace de vider de sa substance.

La campagne se poursuit jusqu’au 15 septembre 2026. D’ici là, l’issue tient à une équation simple : 718 gestes à 2 000 FCFA, et une toiture qui cesse de laisser entrer la pluie sur des décennies d’images.

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