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Brazzaville a accueilli le 29 août la première édition des « Racines de Paul Kamba » : un hommage aux pionniers de la musique congolaise, ponctué de distinctions et d’une exposition de vinyles anciens.

Une première édition au Cercle Sony-Labou-Tansi

Le 29 août 2026, le Cercle culturel Sony-Labou-Tansi de Brazzaville, capitale de la République du Congo, a servi de cadre à la première édition de « Les racines de Paul Kamba ». L’initiative revient à l’ONG Action Monde et Développement, dirigée par Jean Claude Gandy Mavha.

Placée sous le thème « Honneur et hommage aux pionniers de la musique congolaise », la rencontre entendait moins commémorer qu’entretenir. Ses organisateurs affichaient un objectif de développement culturel, adossé à la préservation des enregistrements historiques laissés par les musiciens congolais légendaires.

Paul Kamba, fondateur de Victoria-Brazza

La figure choisie n’est pas anodine. Paul Kamba, né en 1912 et mort en 1950, est considéré comme le père de la musique congolaise moderne. Vers 1941, il fonde l’orchestre « Victoria-Brazza », matrice d’un son appelé à déborder les rives qui l’ont vu naître.

Sa trajectoire fut brève. Elle a pourtant suffi à imposer un nom et une manière de jouer dont l’écho a dépassé Brazzaville de son vivant.

De Brazzaville à Léopoldville, l’écho d’un nom

Le succès de Victoria-Brazza ne s’arrête pas à Brazzaville. En 1943, l’ensemble léopoldvillois animé par Wendo Kolosoy adopte le nom de « Victoria-Kin », clin d’œil explicite à la réussite de Paul Kamba.

L’emprunt du nom, deux ans à peine après la fondation brazzavilloise, dit l’audience acquise par le fondateur de Victoria-Brazza au-delà de sa propre ville. Un patrimoine musical se construit aussi de ces filiations revendiquées.

Des distinctions pour les passeurs de mémoire

La cérémonie a distingué plusieurs artistes et contributeurs à l’histoire de la musique congolaise. Le président Denis Sassou N’Guesso a été honoré au titre de grand mécène. Les musiciens Kosmos Mountouari et Mick Michel Moumpala ont également été récompensés.

Des médias figuraient aussi au palmarès, dont Les Dépêches de Brazzaville. Une manière de rappeler la part prise par les rédactions dans la trace laissée par les scènes musicales successives du pays.

Les vinyles, une mémoire à portée de main

La soirée s’est achevée par une exposition de vinyles anciens. Les disques donnaient à voir, en objets, ce que les discours avaient évoqué : ces enregistrements historiques que les organisateurs disent vouloir préserver.

Le vinyle, ici, n’est pas nostalgie. Il est support : la mémoire d’une musique tient à des objets fragiles, à leur lecture et à leur transmission. Exposer des disques, c’est déjà poser la question de leur conservation.

Restaurer l’identité de la musique congolaise, en valoriser l’héritage : l’ambition affichée par Action Monde et Développement excède le format d’une soirée. Cette première édition pose un jalon, et laisse la suite ouverte.

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