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Le 28 août 2026, l’ambassade de la République du Congo à Paris a accueilli une conférence-dédicace consacrée à une question simple et vertigineuse : que reste-t-il d’une tradition que plus personne n’écrit ?

Une soirée parisienne placée sous le signe de la mémoire

La rencontre s’est tenue sous le patronage de l’ambassadeur Rodolphe Adada. Le fil conducteur tenait en une idée : la littérature comme rempart contre l’effacement culturel, capable de retenir ce que le temps et les ruptures historiques dispersent.

Le choix du lieu n’est pas anodin. Tenir cette rencontre dans une ambassade, loin du pays, adresse la question à la diaspora autant qu’à ceux restés au pays. La transmission se joue aussi dans cet entre-deux.

Jauste Boussou, l’ingénieur devenu passeur de traditions

À 25 ans, l’ingénieur et écrivain congolais Jauste Boussou est venu présenter trois ouvrages consacrés au patrimoine africain. Un âge qui donne à sa démarche une tonalité singulière, celle d’une génération qui ne veut pas hériter d’un vide.

« Mwènè », une institution d’Afrique centrale remise en lumière

Son dernier livre, « Mwènè, gardien de la terre et bâtisseur de la nation », est paru le 1er août. Il porte sur l’institution du Mwènè, figure qui incarnait la protection communautaire et la justice dans l’Afrique centrale précoloniale.

Derrière ce nom se joue une question de regard. L’auteur entend restaurer la dignité de ces institutions traditionnelles et clarifier les idées reçues qui les entourent, plutôt que de les laisser au rang de curiosités d’un autre temps.

Écrire, « un acte de résistance culturelle »

Pour Jauste Boussou, mettre par écrit la mémoire ancestrale constitue « un acte de résistance culturelle face à l’oubli ». La formule dit l’urgence : ce qui n’est pas fixé finit par se déliter, faute de relais.

L’écrivain a insisté sur le passage nécessaire de l’oralité à l’écrit. Il a rappelé que la colonisation avait marginalisé les systèmes de gouvernance et les référents culturels africains, laissant des pans entiers de mémoire sans support durable.

Un appel à la jeunesse congolaise

Son message s’adresse d’abord aux plus jeunes, invités à se réapproprier leur héritage culturel. Un patrimoine immatériel ne se conserve pas dans une vitrine : il vit dans ceux qui le portent, le racontent et, désormais, le consignent.

L’ambassade mise sur la transmission écrite

Le ministre-conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé a souligné l’engagement de l’ambassade en faveur de la promotion de la culture congolaise. Il a rappelé la nécessité de préserver les valeurs par la transmission écrite.

Il a résumé l’enjeu par un principe ancien : « les paroles s’envolent, les écrits restent ». La phrase vaut programme pour un patrimoine longtemps confié à la seule parole, et donc à la seule mémoire de ceux qui la portent.

Ce que la littérature peut encore sauver

Reste l’essentiel, que cette soirée parisienne a posé sans le résoudre : un livre ne remplace pas une pratique vivante. Mais il en garde la trace, et laisse aux générations suivantes de quoi renouer le fil.

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