À Brazzaville, la Stratégie et le Plan d’actions national pour la biodiversité 2025-2030 sortent des tiroirs administratifs. Un atelier national, ouvert par la ministre Arlette Soudan-Nonault, veut en faire un document partagé plutôt qu’un texte de plus. Enjeu : transformer une ambition écrite en pratiques concrètes.
Un atelier national pour ancrer la SPANB 2025-2030
Les travaux de l’atelier national consacré à la Stratégie et au Plan d’actions national pour la biodiversité, la SPANB 2025-2030, ont été officiellement ouverts à Brazzaville. La ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a lancé la rencontre.
La séquence n’a rien d’anodin. Un plan national ne vaut que par le nombre d’acteurs capables de s’en saisir. En choisissant la promotion et la sensibilisation comme porte d’entrée, le ministère mise sur la pédagogie avant la contrainte réglementaire.
Appropriation : le maître mot adressé aux parties prenantes
La rencontre vise une meilleure appropriation de la SPANB 2025-2030 par les différents acteurs concernés. Autrement dit, faire descendre le document des sphères techniques vers celles qui l’appliqueront au quotidien, sur le terrain comme dans les bureaux.
Institutions publiques, acteurs du secteur privé, organisations de la société civile et partenaires au développement sont appelés à contribuer à la mise en œuvre des orientations retenues. Quatre familles d’acteurs, quatre langages, quatre horizons de temps à faire converger.
C’est là que se joue l’essentiel. Une stratégie de biodiversité échoue rarement sur le papier ; elle bute sur la coordination, sur les moyens, sur la capacité à parler aux communautés qui vivent au contact des écosystèmes.
En inscrivant sa stratégie dans un horizon de cinq ans, le Congo se donne un calendrier, donc une échéance à laquelle comparer les résultats. C’est aussi accepter d’être jugé sur des réalisations et non sur de simples déclarations d’intention.
Un cadre d’échanges sur les orientations stratégiques
L’atelier constitue également un cadre d’échanges autour des orientations stratégiques du pays en matière de conservation et de gestion durable de la biodiversité. Un espace où les intentions gouvernementales se confrontent aux réalités remontées par les participants.
Ce format, discret, dit beaucoup d’une méthode. Plutôt que d’imposer un cadre figé, l’administration ouvre la discussion sur les priorités. La démarche suppose que les remarques formulées trouvent ensuite une traduction dans les documents de travail.
Cohérence de l’action publique face aux enjeux des écosystèmes
Le gouvernement entend, à travers cette démarche, renforcer la cohérence de son action face aux enjeux liés à la préservation des écosystèmes. Le mot est important : cohérence. Il suppose que les politiques sectorielles cessent de s’ignorer les unes les autres.
L’objectif affiché est de disposer d’une vision stratégique mieux structurée. Une vision capable de guider les politiques publiques et les interventions des différents partenaires dans le domaine de la biodiversité, plutôt que d’aligner des initiatives dispersées.
Pour un pays dont le ministère porte dans son intitulé même le Bassin du Congo, l’exercice a une portée qui dépasse les frontières administratives. Les écosystèmes, eux, ignorent les limites tracées sur les cartes.
Patrimoine naturel et développement : l’équation à résoudre
Avec la SPANB 2025-2030, le Congo entend consolider ses efforts en faveur d’une gestion durable de son patrimoine naturel. Consolider, et non refonder : le pays revendique une continuité plutôt qu’une rupture dans sa politique environnementale.
Cette ambition s’inscrit dans la nécessité de concilier la préservation de la biodiversité avec les impératifs de développement économique et social. Formule prudente, qui contient toute la difficulté de l’exercice pour les cinq années à venir.
Car l’arbitrage est permanent. Protéger un milieu, c’est parfois restreindre un usage ; ouvrir un projet, c’est parfois entamer un habitat. Une stratégie nationale sert précisément à rendre ces arbitrages lisibles, plutôt que subis.
Ce que la SPANB engage jusqu’en 2030
Reste la suite. Un atelier de sensibilisation ne vaut que par les mécanismes de suivi qui lui succèdent, par les moyens alloués et par la régularité des rendez-vous entre administration, société civile et partenaires techniques.
Brazzaville a posé un jalon. La SPANB 2025-2030 dispose désormais d’un cadre de discussion et d’un cercle d’acteurs identifiés. Le reste s’écrira dans les forêts, sur les cours d’eau et dans les budgets.
Pour le lecteur attentif aux paysages du pays, la nouvelle mérite d’être suivie. Les stratégies nationales dessinent, souvent loin des regards, ce que deviendront les aires protégées et les espèces qui les habitent.




