Après près de deux ans d’attente, l’unité de gestion du parc national d’Odzala-Kokoua et du sanctuaire de gorilles de Lossi a pourvu tous ses postes clés. Conservation, développement communautaire et lutte contre le braconnage disposent enfin d’un encadrement au complet.
Deux ans pour boucler l’organigramme d’un paysage forestier majeur
Dans le nord-ouest de la République du Congo, le parc national d’Odzala-Kokoua (Pnok) et le sanctuaire de gorilles de Lossi (Sgl) forment un seul et même paysage de conservation. Ce dernier compte désormais une équipe dirigeante complète.
L’avancée a été saluée lors de la revue semestrielle de la Fondation Odzala-Kokoua-Lossi (FOKL), tenue en juin dernier. Près de deux ans auront été nécessaires pour combler l’ensemble des postes clés au sein des différentes directions.
Le vide n’avait rien d’anodin. Sans chefs de département ni responsables de secteur au complet, la conduite des missions de conservation, de développement communautaire et de lutte contre le braconnage reposait sur un encadrement incomplet.
Un chef de la conservation venu de l’écologie spatiale
Le Dr Luc Tédonzong a été recruté au poste de chef du département de conservation. Spécialiste en écologie spatiale et conservation, il arrive avec plus de treize années d’expertise accumulées en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.
Sa discipline en dit long sur l’évolution du métier. L’écologie spatiale s’intéresse à la manière dont les espèces occupent un territoire et s’y déplacent, une lecture devenue centrale dans la gestion des aires protégées.
La lutte anti-braconnage renforcée par de nouveaux profils
En avril 2026, la Fondation a accueilli Fily Kanté en qualité de mentor pour l’application de la loi, au sein du département de lutte anti-braconnage (LAB). Son expérience porte sur les activités illégales qui affectent la biodiversité.
Trois autres profils sont venus consolider l’architecture opérationnelle du paysage. Le ministère de l’Économie forestière a mis à la disposition de la FOKL trois agents des Eaux et Forêts, désormais installés à des fonctions de commandement.
Le commandant Symphorien Ngama a été nommé chef du département de lutte anti-braconnage. Le lieutenant Ghislain Bakebila prend la tête du secteur Nord, basé à Kokoua. Le lieutenant Abel Andzemba dirige le secteur Est, basé à Imbalanga.
Ce que prévoit le partenariat entre African Parks et l’État congolais
Ces recrutements ne relèvent pas de la seule initiative de la Fondation. Ils répondent aux dispositions spécifiques du partenariat public-privé liant African Parks et le gouvernement de la République du Congo pour la gestion du Pnok et du Sgl.
La formule associe l’autorité publique et un gestionnaire délégué. La mise à disposition d’agents des Eaux et Forêts en donne une traduction très concrète : des fonctionnaires de l’État occupent des postes de direction au sein de la structure de gestion.
Un programme d’intégration pour souder les équipes de terrain
Les nouveaux responsables ont ensuite pris part à un programme d’intégration. Une série de rencontres les a mis en présence des responsables de départements et de leurs équipes, service après service.
Ces échanges ont porté sur le mandat de la Fondation, les rôles et responsabilités de chaque service, les procédures opérationnelles standard, les méthodes de travail, les mécanismes de planification et de rapportage, ainsi que les systèmes de gouvernance.
Pour Symphorien Ngama, désormais en charge de la LAB, l’exercice a constitué une étape importante « car cela permettra de connaître tout le monde, mais surtout de nous familiariser avec les procédures et les activités du Pnok et du SGL ».
Abel Andzemba et Ghislain Bakebila ont abondé dans le même sens. Tous deux ont souligné l’intérêt de ces rencontres pour mieux appréhender les enjeux du paysage et renforcer la coordination des équipes sur le terrain.
Une coordination régionale entre les deux Congo
Le renfort se lit aussi à l’échelle régionale. African Parks a nommé Naftali Honig au poste de responsable régional des opérations pour le Congo et la République démocratique du Congo.
Cette nomination doit renforcer l’accompagnement stratégique et opérationnel des paysages gérés par African Parks en partenariat avec les gouvernements des deux pays, tout en favorisant le partage d’expériences au sein du réseau.
La distinction entre les deux États voisins compte ici. Odzala-Kokoua et Lossi relèvent de la République du Congo, dont la capitale est Brazzaville, tandis que le mandat de coordination couvre également la République démocratique du Congo.
Le second semestre 2026 et le budget 2027 en ligne de mire
La revue semestrielle ne s’est pas limitée aux ressources humaines. Elle a permis de faire le point sur l’exécution du plan de travail annuel 2026 et de définir les priorités du second semestre.
Les grandes lignes de la planification budgétaire pour l’exercice 2027 ont également été esquissées. Un exercice qui conditionne la conduite des missions de conservation, de développement communautaire et de lutte contre le braconnage.
Désormais dotée d’une équipe de gestion complète, la Fondation aborde la seconde moitié de l’année 2026 avec des atouts renouvelés. Reste l’épreuve du terrain, la seule qui vaille pour un paysage forestier de cette ampleur.





