À Brazzaville, le ministère de la Santé et de la population et l’OMS ont présenté le 1er octobre la plateforme « Une seule santé ». Objectif : surveiller ensemble humains, animaux et écosystèmes pour désamorcer les menaces sanitaires, avant un déploiement annoncé à Pointe-Noire puis dans les autres départements.
Là où se croisent habitants, faune et écosystèmes
Une maladie ne naît pas toujours dans un hôpital. Elle peut surgir là où les populations, les animaux et les milieux naturels se côtoient de près. C’est ce constat que la plateforme « Une seule santé » entend placer au cœur de la prévention sanitaire au Congo-Brazzaville.
La séance de présentation, organisée le 1er octobre à Brazzaville par le ministère de la Santé et de la population en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), portait un intitulé limpide : « Santé humaine, santé animale, et environnement : une action coordonnée ».
Les autorités politico-administratives et les autres participants y ont découvert le fonctionnement de cette approche à l’échelle départementale, ainsi que les secteurs clés appelés à collaborer pour la faire vivre.
Vigilance dans les zones sensibles
Le préfet du département de Brazzaville, Yves Bodler Ngongo, a ouvert les travaux par un appel direct. Il a demandé aux autorités compétentes de redoubler de vigilance dans les zones sensibles, celles où les interactions entre populations, animaux et écosystèmes sont particulièrement importantes.
Son message tenait en une idée : agir avant qu’une menace sanitaire ne se transforme en urgence majeure. Autrement dit, anticiper au plus près du terrain plutôt que réagir une fois la crise installée.
Des chiffres qui éclairent la démarche
Le Dr Kandako Youba a rappelé l’ampleur du défi. Selon lui, l’OMS couvre 45 pays en Afrique au niveau régional, et chacun d’eux connaît un événement de santé publique.
Les proportions qu’il a citées résument la logique de la plateforme : 60 % des maladies infectieuses humaines proviennent des animaux, et 75 % des maladies infectieuses récentes sont zoonotiques, c’est-à-dire transmissibles de l’animal à l’homme.
Ces données rappellent une évidence parfois perdue de vue : la santé des habitants reste liée à celle des animaux qui les entourent et à l’état des milieux qu’ils partagent avec eux.
L’OMS en appui du gouvernement
Au nom du représentant de l’OMS au Congo, le Dr Guy Michel Mbemba a présenté l’approche comme un moyen de rendre pleinement opérationnelles toutes les parties prenantes, pour apporter une réponse concertée et durable aux menaces sanitaires.
Il a réaffirmé la disponibilité de l’organisation à accompagner le gouvernement. Cet appui doit passer par le renforcement de la surveillance intégrée, l’évaluation des risques, la préparation et la réponse aux urgences sanitaires, ainsi que le développement des capacités des différents acteurs.
Une affaire qui dépasse les médecins
Conseiller à la santé du ministre de la Santé et de la population, le Dr Jean Claude Mobousse a insisté sur un point : la santé n’est pas seulement l’affaire des médecins. Elle dépend de plusieurs facteurs et suppose l’engagement de toutes les parties prenantes.
Il a invité les participants à se mettre au travail dès la fin de la séance. Il les a aussi exhortés à s’inspirer du modèle guinéen pour lutter efficacement contre les menaces sanitaires.
De Pointe-Noire aux quinze autres départements
Le calendrier a été précisé devant la presse par le Dr Jean-Claude Emeka. La plateforme de Pointe-Noire devait être mise en place la semaine suivant la séance de Brazzaville, avant une extension aux 15 autres départements du Congo.
À Brazzaville même, le préfet devra formaliser la plateforme afin d’en appuyer le fonctionnement, au service de la résilience des populations.
Ce déploiement progressif dessine un maillage départemental, fidèle à l’approche présentée lors de la séance : faire travailler ensemble, sur chaque territoire, les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement.
Une prévention qui commence sur le terrain
Reste à transformer l’intention en pratique. La réussite de la plateforme se mesurera à sa capacité à faire remonter les alertes depuis les zones où habitants, animaux et écosystèmes se rencontrent, avant qu’elles ne deviennent des urgences.
En réunissant autorité préfectorale, représentants de l’OMS et responsables du ministère, Brazzaville a posé une première pierre. Pointe-Noire, puis le reste du pays, diront si ce réflexe collectif s’installe durablement.


