Un essai qui fait du paysage une stratégie
Paru le 4 mai 2026, l’essai « Comment développer le tourisme au Congo, pour faire du Congo un eldorado sur terre » ne se lit pas comme un guide de voyage. En 108 pages, Mertone Anguers y défend une idée : le tourisme mérite d’être pensé comme une affaire de stratégie et de valorisation.
L’auteur, originaire de la République du Congo, a présenté cet ouvrage aux Dépêches de Brazzaville en même temps qu’un autre titre, consacré à la jeunesse. Les deux livres s’ajoutent à six essais déjà parus sous sa plume.
Forêts, fleuve et plages : des atouts à faire connaître
Selon la présentation du livre, le pays dispose d’un ensemble de ressources variées : des forêts, le fleuve, des plages, des reliefs, une biodiversité et un patrimoine culturel. Autant de richesses qui, pour l’essayiste, restent à mieux faire connaître.
Le propos ne s’arrête pas à l’inventaire. Ces atouts doivent, selon l’ouvrage, s’inscrire dans une offre touristique accessible, organisée et respectueuse des territoires. Trois exigences qui dessinent en creux le portrait d’un voyage responsable, attentif aux lieux qu’il traverse.
Accueillir, former, protéger : les chantiers d’un tourisme durable
Le livre ouvre plusieurs chantiers. Il y est question de la mise en valeur des sites, de l’accueil des visiteurs et de la formation. Il y est aussi question de la protection des milieux, un enjeu central pour qui veut faire découvrir des écosystèmes sans les abîmer.
L’essai invite ainsi à penser ensemble l’attractivité des sites et la préservation de la nature. Les deux préoccupations y figurent côte à côte, comme les deux faces d’une même ambition.
Des retombées attendues pour les communautés
Le dernier volet touche aux habitants. L’ouvrage aborde les retombées du tourisme pour les communautés et pose une question de fond : quelles conditions réunir pour que les richesses du pays deviennent des expériences touristiques durables et des possibilités d’activité pour les Congolais ?
Le tourisme de nature n’y est donc pas pensé pour le seul voyageur. Il doit aussi ouvrir des perspectives à la population. Dans le résumé qu’en donnent Les Dépêches de Brazzaville, il apparaît comme une piste de diversification économique, fondée sur le patrimoine naturel et culturel.
Des pistes de réflexion, pas un programme
Il faut lire ces propositions pour ce qu’elles sont. Les thèmes avancés sont présentés comme des pistes de réflexion, et non comme des politiques déjà adoptées ou des résultats acquis. Aucun calendrier ni chiffre n’accompagne ces orientations dans la présentation qui en est faite.
L’intérêt du livre tient plutôt à la conversation qu’il peut susciter sur l’aménagement d’une offre touristique et sur la nécessité de penser les politiques dans la durée.
Le bassin du Congo, fil vert d’une œuvre prospective
Le souci de l’environnement traverse d’autres titres de l’auteur. Dans « Vision Congo 2100 », paru le 3 juin 2026, il esquisse une trajectoire de long terme pour le pays, dans laquelle figure la protection du bassin du Congo.
Cet ouvrage de 122 pages se présente comme une réflexion prospective, et non comme une prédiction de ce que sera le pays en 2100. De son côté, « Vision Afrique 2100 », paru le 22 juillet 2026, compte l’environnement parmi ses thèmes, aux côtés de la gouvernance ou de l’industrialisation.
Un essayiste tourné vers le temps long
Écrivain, penseur et essayiste, Mertone Anguers, de son identité réelle Mertone Gerauld Ansy, interroge dans ses livres l’avenir de l’Afrique et la nécessité d’une vision historique fondée sur la durée, la mémoire et la transformation.
Son essai sur le tourisme applique cette réflexion à un secteur concret. Pour les voyageurs comme pour les acteurs de la conservation, il laisse ouverte une question simple : comment montrer la nature du Congo sans l’user, tout en en faisant profiter ceux qui y vivent ?


