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Dans un pays qui rêve de nourrir ses habitants sans dépendre des importations, la Cuvette a saisi sa chance. Le temps d’une foire nationale, ce département du nord congolais a exposé ses terres, ses troupeaux et ses ambitions agricoles.

Pensée comme une vitrine, la Grande Foire agricole du Congo entend promouvoir l’excellence et l’innovation du secteur. Chaque édition met un territoire en lumière, l’occasion pour ses acteurs de mesurer le chemin parcouru et les marges de progression qui restent à conquérir.

La Cuvette au cœur de la deuxième GFAC

Le 11 août 2026, la deuxième Grande Foire agricole du Congo a braqué ses projecteurs sur le département de la Cuvette. Placée sous le thème « Nourrir la Nation et Honorer la Patrie », la manifestation célèbre l’innovation et l’excellence du secteur agricole congolais.

Une délégation d’originaires de la région, conduite par la préfète Emma Henriette Berthe Bassinga Nganzali, s’est déplacée pour encourager les exposants. Elle réunissait plusieurs parlementaires, dont Boniface Bouka et Justin Aya, ainsi que les députés Serge Ikiemi et Avanké Lékoundzou.

« Nous sommes venus soutenir nos exposants », a résumé la préfète, saluant un stand animé où les produits se vendent. Pour elle, les autorités locales accompagnent ainsi l’effort gouvernemental porté par cette foire nationale (Les Échos du Congo-Brazzaville).

Ngoko et Oyo, deux visages d’un territoire fertile

Le département avance des atouts concrets. À Ngoko, des zones agricoles protégées abritent une production intensive de maïs. Ces espaces dédiés traduisent une volonté d’organiser les cultures et de sécuriser durablement les rendements sur des terres réservées à l’activité vivrière.

Le principe des zones agricoles protégées mérite qu’on s’y arrête. En délimitant des périmètres réservés, ces dispositifs cherchent à mettre les cultures à l’abri des usages concurrents du sol et à installer une production régulière, condition d’une agriculture qui compte sur la durée.

À Oyo, l’élevage tient le haut de l’affiche. La marque « Bon bœuf » y a bâti sa réputation, adossée à des infrastructures d’abattage modernes. La région revendique le plus grand abattoir du pays, « et peut-être d’Afrique centrale » (Adiac-Congo).

Ce potentiel dépasse la seule viande bovine. Lors des panels techniques, les responsables ont détaillé les perspectives de l’élevage bovin et porcin, présentant la Cuvette comme un territoire prêt à accueillir des investissements structurants dans ses filières animales.

Des freins financiers clairement nommés

L’enthousiasme n’a pourtant pas effacé les difficultés. Les échanges ont pointé un accès limité aux intrants d’élevage, un crédit bancaire difficile à mobiliser et une pénurie de vétérinaires. Autant d’obstacles qui pèsent sur les producteurs et freinent la montée en puissance des exploitations.

Face à ces contraintes, une proposition a émergé des discussions : créer une banque agricole. Un tel outil offrirait aux éleveurs et aux cultivateurs un financement adapté, capable de lever les blocages du crédit classique et d’accompagner l’agrandissement des projets locaux.

L’idée n’est pas anodine. En reliant explicitement le manque de crédit à la lenteur du développement, les participants placent le financement au centre de l’équation. Sans capitaux accessibles, les meilleures terres et les plus beaux troupeaux restent des promesses en attente.

Nourrir le pays, viser l’international

Derrière les chiffres, une ambition double se dessine. La préfète a rappelé que l’augmentation de la production vise d’abord la sécurité alimentaire nationale, avant l’ouverture vers l’exportation. Consommer local et exporter congolais deviennent les deux faces d’une même stratégie.

« Nous sommes très contents de voir que les choses avancent bien », a-t-elle confié, satisfaite de la dynamique commerciale du stand. Cette confiance traduit l’espoir d’une agriculture qui nourrit ses habitants avant de séduire les marchés voisins et lointains.

La Cuvette repart de cette édition avec une vitrine assumée. Entre maïs de Ngoko, élevage d’Oyo et appel à un meilleur financement, le département dessine une feuille de route où l’agriculture devient un levier de souveraineté pour tout le Congo-Brazzaville.

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