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Le président du Sénat congolais, Pierre Ngolo, appelle à convertir les ressources naturelles du pays en industrie, en savoir et en progrès partagé. Un discours prononcé à Brazzaville, au moment même où la chambre haute valide de nouveaux textes pétroliers.

Brazzaville : l’appel à sortir de la simple extraction

Le 27 août, à Brazzaville, Pierre Ngolo a clos la troisième session extraordinaire du Sénat, ouverte le 20 août. Son message tenait en une idée simple : les ressources naturelles de la République du Congo doivent devenir un levier de transformation, et non une seule source de recettes.

L’orientation n’est pas anodine dans une enceinte où l’on vote d’ordinaire des textes techniques. Le président de la chambre haute a placé la diversification au centre d’une séance de clôture qui aurait pu se limiter à un bilan de procédure.

« Transformer en capacités, en savoir, en industrie »

« L’idée dont le temps est venu pour notre pays est celle d’une économie qui ne se contente plus d’exploiter ses richesses naturelles, mais qui se fixe pour ambition de les transformer en capacités, en savoir, en industrie et en progrès partagés », a-t-il déclaré.

La formule mérite d’être pesée. Elle ne conteste pas l’exploitation en elle-même. Elle en déplace le point d’arrivée : non plus la matière expédiée brute, mais la valeur créée sur place, et la part qui revient au pays.

Responsabilité, intérêt national, diversification : le triptyque de Pierre Ngolo

Le président du Sénat a prolongé son propos d’une phrase en trois temps : « L’exploitation des ressources naturelles doit s’accompagner de responsabilités, l’investissement doit rencontrer l’intérêt national et la croissance doit ouvrir la voie à la diversification. »

Le mot « responsabilités » est celui qui pèse le plus lourd pour qui suit les questions environnementales. Il engage, au minimum, une manière d’exploiter. Le discours ne détaille pas ce que recouvre ce terme, mais il l’inscrit noir sur blanc dans le vocabulaire de la chambre haute.

Quatre textes pétroliers adoptés durant la session

La session ne fut pas seulement déclarative. Les sénateurs y ont adopté quatre projets de loi portant approbation d’avenants relatifs à des conventions et contrats pétroliers. La chambre haute a donc consolidé, dans le même mouvement, le cadre juridique de l’activité extractive.

Banga Kayo II et Kayo à l’ordre du jour suivant

La quatrième session extraordinaire, ouverte dans la foulée du même jour, prolonge la séquence. Le Sénat doit y examiner le projet de loi approuvant le contrat de partage de production Banga Kayo II, ainsi que celui portant approbation de l’avenant n°3 au contrat de partage de production Kayo.

Ce dernier texte concerne les permis d’exploitation Holmoni et Cayo. Autrement dit, l’agenda parlementaire des jours qui suivent le discours reste largement occupé par l’amont pétrolier, secteur historique de l’économie congolaise.

Un cap affiché, un calendrier qui dira le reste

Rien, dans ces textes, ne contredit frontalement l’appel du président du Sénat : sécuriser les contrats en cours peut très bien précéder la montée en puissance industrielle qu’il réclame. Mais la simultanéité des deux séquences donne la mesure du chemin à parcourir.

Reste à savoir ce que « progrès partagés » recouvrira concrètement, et à quelle échéance. Le discours du 27 août fixe une direction. Ce sont les textes suivants, et leur mise en œuvre, qui diront à quel rythme elle se traduit dans les faits.

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