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La première édition de l’ultra-trail M’Foa-Ndjindji a été lancée le 23 août 2026 à Brazzaville. Neuf jours, 582 kilomètres et la route nationale 1 pour décor : le Congo teste un itinéraire sportif au service de son tourisme et de ses paysages.

Le coup d’envoi donné à Brazzaville

Le départ a été donné le 23 août 2026 sur l’allée piétonne Charles Ebina, à Brazzaville. José Cyr Ebina, président de l’Association multisport Lion d’or, a lancé une cinquantaine d’athlètes sur la route de Pointe-Noire (L’Horizon africain).

L’épreuve porte les noms anciens des deux métropoles. M’Foa désigne Brazzaville, Ndjindji Pointe-Noire. Le choix n’a rien d’anodin : il inscrit une course d’endurance contemporaine dans une mémoire territoriale bien plus ancienne que les bornes kilométriques de la nationale.

Un tracé de 582 kilomètres du Pool au Kouilou

Le parcours suit la route nationale 1 sur 582 kilomètres, de la mairie de Brazzaville à la mairie centrale de Pointe-Noire. Il traverse Kintélé, Ignié et Djoué-Léfini, puis les départements du Pool, de la Bouenza, du Niari et du Kouilou.

Neuf jours pour une telle distance imposent une moyenne proche de 70 kilomètres quotidiens. Le chiffre dit l’exigence physique. Il dit surtout la longueur d’un axe que l’on parcourt d’ordinaire en véhicule, très rarement à la force des jambes.

« Année zéro », une édition pensée comme un laboratoire

Présentée le 4 juillet 2026 à Brazzaville, cette première édition a été baptisée « Année zéro ». Elle doit servir de test grandeur nature avant une ouverture au grand public annoncée pour l’année suivante (Adiac-Congo).

« Il est hors de question d’envoyer des gens sur un terrain que nous ne maîtrisons pas. Nous voulons d’abord expérimenter ce concept nous-mêmes », expliquait José Cyr Ebina lors de la présentation du projet.

Le format initial annonçait cinq coureurs sur l’intégralité du tracé. Au départ du 23 août, une cinquantaine d’athlètes étaient réunis. Les organisateurs n’ont pas détaillé la répartition entre les engagés sur la totalité des 582 kilomètres et les autres participants.

Un report calé sur le calendrier congolais

L’épreuve devait initialement se courir du 12 au 20 juillet. Elle a été décalée au 23-31 août 2026, décision annoncée le 17 juillet à l’issue d’une réunion technique tenue à l’Hôtel Saphir, à Brazzaville.

Deux rendez-vous expliquent ce glissement : le Semi-marathon international de Brazzaville, le 14 août, et les festivités du 66e anniversaire de l’indépendance, le 15 août. Le report évitait un télescopage d’agendas, de logistique et de public.

Ce délai a également servi à affiner la sélection. Un ultra-trail test de 100 kilomètres entre Brazzaville et Ignié, en aller-retour, avait été organisé pour jauger les capacités des athlètes et repérer les ajustements nécessaires.

Autour du président de l’association, ancien député, la réunion avait rassemblé Joachim Mbanza, superviseur de l’événement, le comité d’organisation dirigé par Serge Bounda, des partenaires techniques et des journalistes. Un village dédié a été installé dans la rue piétonne de l’Hôtel Saphir.

La nationale 1 comme itinéraire touristique

L’ambition affichée dépasse la performance sportive. Les organisateurs veulent transformer la route nationale 1 en itinéraire touristique majeur, en mettant en valeur la biodiversité, les infrastructures et le patrimoine congolais.

L’idée mérite d’être prise au sérieux. Un axe routier n’est pas qu’un ruban de bitume : c’est une succession de villages, de reliefs et de milieux naturels que la vitesse automobile efface. La marche et la course, elles, les rendent lisibles.

L’événement est explicitement associé à la promotion de l’environnement et du tourisme au Congo. Reste à savoir quelle forme prendra cette promesse : signalétique, étapes d’observation, partenariats avec les communautés riveraines. Les organisateurs n’ont pas précisé ce volet.

Ce que l’Année zéro devra prouver

Une première édition se juge moins à ses chronomètres qu’à ses enseignements. Ravitaillement, sécurité sur un axe fréquenté, empreinte laissée par le dispositif d’accompagnement : autant de paramètres que cette Année zéro est censée mesurer avant d’accueillir des amateurs.

Si le pari tient, le pays disposera d’un récit inédit sur sa propre géographie : 582 kilomètres racontés au rythme d’un pas de course, du Pool jusqu’au Kouilou. C’est peu, à l’échelle d’un territoire. C’est déjà un commencement.

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