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Deux distinctions, une même trame territoriale. Le 24 août, à Brazzaville, le RJCPEC a honoré le chef spirituel du kimbanguisme et le responsable de son collège exécutif au Congo. Au menu des mérites cités : agriculture, pêche, agroalimentaire et patrimoine.

Au Plateau des 15 ans, honorer les vivants plutôt que les mémoires

Le Centre d’accueil et administratif du Plateau des 15 ans, à Brazzaville, a accueilli le 24 août une cérémonie de reconnaissance organisée à l’Église kimbanguiste par le Réseau des journalistes et communicateurs congolais pour la promotion et l’émulation du citoyen (RJCPEC).

Deux distinctions honorifiques y ont été remises. Le réseau a été fondé il y a près de vingt ans par Rostand Sametone Ondendé Ndassia. Sa ligne tient en une formule qu’il revendique : « récompenser les cadres méritants de leur vivant plutôt qu’après leur mort ».

Les récipiendaires sont Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel légal de l’Église depuis 2001, et Brice Voltaire Etou-Obami, président délégué du Collège exécutif national de l’Église kimbanguiste en République du Congo.

Kounzoulou, la foi au contact des champs et des étangs

C’est dans l’énumération des réalisations que le terrain apparaît. Parmi les projets conduits depuis 2001 par Papa Simon Kimbangu Kiangani figurent des initiatives agricoles et de pêche à Kounzoulou, en République du Congo.

Au même endroit, le RJCPEC a salué chez Brice Voltaire Etou-Obami la mise en place d’un centre agroalimentaire. Champs, étangs, transformation : la séquence dessine une filière courte, adossée à une communauté religieuse plutôt qu’à un opérateur privé.

Un centre agroalimentaire, à l’échelle d’une localité rurale, répond d’abord à une contrainte simple. Ce qui n’est pas transformé sur place se perd ou repart au loin sans valeur ajoutée. La proximité avec les cultures et les étangs cités n’est pas fortuite.

La cérémonie n’a détaillé ni les surfaces, ni les espèces, ni les volumes produits. Ce silence invite à la prudence : on tient là une intention structurante, pas encore un bilan chiffré comparable à celui d’autres projets ruraux.

Nkamba, un pôle d’équipements sur l’autre rive

L’autre versant du palmarès est bâti. Le réseau a rappelé le renouvellement spirituel de Nkamba, en République démocratique du Congo, ainsi que la construction d’un aéroport, de trois centres hospitaliers et d’un musée.

Un musée, dans cet ensemble, n’est pas un détail. Il inscrit une mémoire religieuse dans un équipement durable, consultable et transmissible. C’est la façon la plus concrète de faire passer un patrimoine immatériel du récit à la conservation.

Un patrimoine spirituel qui s’écrit aussi en équipements

Côté congolais, le RJCPEC a reconnu chez Etou-Obami des efforts de modernisation de l’Église : réhabilitation d’églises et achèvement de constructions engagées. Le réseau a également cité l’inauguration d’un hôpital à Kinshasa-Boubio, en République démocratique du Congo.

Autre réalisation mentionnée, la diffusion de la Radiotélévision kimbanguiste sur Canal+. Passer par un bouquet satellitaire, c’est faire sortir un contenu confessionnel du cadre paroissial pour le porter vers une audience beaucoup plus large.

Ces chantiers relèvent d’un registre inhabituel pour une institution religieuse : santé, audiovisuel, bâti, production alimentaire. Ils font de l’Église un opérateur de services autant qu’un lieu de culte, avec les charges d’entretien et de gestion que cela suppose.

« Un travail collectif » : ce que dit une médaille

En l’absence du chef spirituel, c’est Brice Voltaire Etou-Obami qui a reçu les deux distinctions. Sa réponse a tenu en une phrase : « Cette distinction ne récompense pas un homme, elle récompense un travail collectif ».

La formule écarte le culte de la personnalité et redistribue le mérite vers les équipes. Elle colle à la nature des réalisations citées : des chantiers longs, agricoles ou hospitaliers, qui n’aboutissent jamais par la seule volonté d’un dirigeant.

L’Église kimbanguiste compte parmi les sept Églises conventionnées reconnues par l’État en République du Congo. Ce statut peut expliquer, en partie, l’attention institutionnelle portée à ses projets et à ses responsables.

Reste la question que la cérémonie n’a pas tranchée, celle de la durée. Les activités agricoles et halieutiques de Kounzoulou, comme son centre agroalimentaire, ne se jugeront pas aux distinctions reçues mais aux récoltes et aux emplois qu’ils tiendront demain.

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