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Dans le Kouilou, le chantier de potasse de Mboukoumassi entre dans sa dernière ligne droite. Visite ministérielle, puits à 350 mètres, port minéralier en construction : état des lieux d’un projet minier appelé à marquer durablement ce territoire congolais.

Une descente ministérielle à 35 kilomètres de Pointe-Noire

Le ministre des Industries minières et de la Géologie, Hurbain Fiacre Opo, s’est rendu récemment à Mpili, dans le département du Kouilou. À quelque 35 kilomètres de Pointe-Noire, il venait mesurer l’avancement des travaux de la société Luyuan des Mines Congo, plus connue sous le sigle LMC.

La visite n’avait rien d’une formalité protocolaire. Accompagné de cadres de son ministère, le ministre a parcouru les installations une à une, du bâtiment administratif jusqu’aux zones d’extraction, avant de descendre lui-même sous terre.

Mboukoumassi, un permis scellé par la loi

Le projet repose sur une convention d’exploitation minière conclue avec l’État congolais le 10 juillet 2018. Elle porte sur l’extraction du minerai de potasse du gisement de Mboukoumassi, confié à l’opérateur chinois.

Le texte a ensuite suivi son chemin parlementaire. L’Assemblée nationale et le Sénat l’ont ratifié le 27 décembre 2021, par la loi n°47-2021. Le permis couvre une superficie de 242 kilomètres carrés.

Puits, usine, granulation : un chantier à plus de 80 %

Le bâtiment administratif, dimensionné pour deux cents employés, atteint 90 % de réalisation. L’usine de traitement dépasse les 80 %. Ses cinq systèmes sont déjà implantés, parmi lesquels celui de réception du minerai brut et celui d’épaississement.

En zone d’extraction, quatre puits sont en cours de forage et quasiment achevés. Le puits principal plonge à 350 mètres, sur les 450 prévus. C’est à cette profondeur que le ministre est descendu, pour constater les conditions de travail et l’état réel des installations.

Une usine de granulation complétera la chaîne. Le minerai y sera transformé en granulés avant son acheminement, étape décisive qui conditionne la valeur commerciale de la potasse extraite ici.

Un port minéralier et un convoyeur suspendu

L’infrastructure la plus spectaculaire reste à venir. Un port minéralier est en construction, avec un quai de 290 mètres de long sur 30 mètres de large, équipé d’une grue capable de lever 3 800 tonnes par heure.

Entre la mine et le quai, la potasse voyagera dans un convoyeur fermé de 2,28 mètres de large, suspendu à six mètres de hauteur. Une ligne continue qui s’inscrira durablement dans le paysage du Kouilou.

S’y ajoute une route carrossable de 12,98 kilomètres, partiellement bitumée, reliant Moulu à Tsissanga. Elle doit fluidifier le transport et redessine au passage la desserte de ce coin de département.

896 millions de tonnes : la mesure du gisement

Les réserves de Mboukoumassi sont estimées à 896 millions de tonnes. Un ordre de grandeur qui explique à lui seul l’attention portée par la tutelle à ce chantier et la fréquence de ses inspections.

La première phase vise 500 000 tonnes de minerai brut, soit environ 100 000 tonnes de potasse. À terme, l’ambition grimpe à 13 millions de tonnes de minerai brut par an, pour près de 2 millions de tonnes de potasse.

Le saut est considérable. Il suppose une montée en puissance des installations, du port et des flux de transport, sur un territoire qui devra absorber cette cadence nouvelle.

Diversification économique et angle mort environnemental

Pour le gouvernement, l’enjeu affiché est double : veiller au respect de la réglementation en vigueur et favoriser les retombées économiques et sociales pour les populations locales. Le projet s’inscrit dans la volonté d’accroître la contribution du secteur minier à la diversification de l’économie congolaise.

La communication faite autour de cette visite n’a toutefois pas détaillé le volet environnemental du chantier. Ni dispositif de suivi des milieux, ni traitement des rejets, ni mesures d’accompagnement pour les riverains n’ont été rendus publics à cette occasion.

C’est pourtant là que se jouera une partie de la crédibilité du projet. Un gisement de cette taille, un port, un convoyeur et une route bitumée transforment un paysage bien au-delà du seul périmètre d’extraction.

Rendez-vous en décembre sur le site de Mpili

Le ministre s’est déclaré déterminé à superviser ce projet qualifié de stratégique. Il a annoncé une nouvelle visite en décembre, afin de veiller au respect des échéances de mise en production.

D’ici là, le chantier poursuivra sa course : les derniers mètres du puits principal, l’achèvement de l’usine de traitement, la mise en place du port. Mboukoumassi pourrait alors passer du statut de promesse industrielle à celui de mine en activité.

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