L’Agence française de développement a remis à Brazzaville son tout premier Plan d’action climat territorial. Le document cartographie les zones vulnérables et fixe les priorités : déchets, inondations, mobilité urbaine, ressources naturelles. Une feuille de route dont la valeur se jouera désormais sur le terrain budgétaire.
Une feuille de route remise à l’hôtel de ville
Le 5 août 2026, le directeur général de l’Agence française de développement, Antoine Chevalier, a remis au député-maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, le Plan d’action climat territorial. Un document que la municipalité attendait pour structurer sa réponse aux dérèglements en cours.
« Le Pact que nous recevons aujourd’hui est bien plus qu’un document de planification. Il constitue une véritable feuille de route stratégique destinée à orienter les politiques publiques locales vers un modèle de développement plus résilient, plus inclusif et plus durable », a déclaré l’édile (ACI).
Le député-maire y voit aussi « un cadre cohérent d’interventions » permettant de mieux intégrer les enjeux climatiques dans les documents locaux. Une manière de dire que le climat cesse d’être un dossier annexe pour devenir une grille de lecture de l’action municipale.
Cartographier les quartiers les plus exposés
Antoine Chevalier a insisté sur la fonction première du plan : identifier les zones du département les plus exposées aux risques et mieux comprendre la vulnérabilité du territoire face aux changements climatiques. Sans cette cartographie, l’adaptation reste un mot d’estrade.
Les inondations figurent explicitement parmi les risques visés. Le plan ne les fera pas disparaître. Il propose de savoir où elles frappent en premier, et donc où porter l’effort d’aménagement avant les autres chantiers.
Le président du Conseil départemental et municipal a souligné la volonté de faire de la lutte contre les effets du changement climatique un axe majeur de l’action publique locale (ACI). L’engagement est affiché ; il devra survivre aux urgences ordinaires d’une capitale en croissance.
Déchets, ressources et mobilité en tête des priorités
Le plan met l’accent sur la gestion des déchets, la préservation des ressources naturelles, la mobilité urbaine, la maîtrise des risques liés aux inondations et la promotion d’infrastructures plus durables (journaldebrazza.com). Cinq entrées qui touchent au quotidien le plus concret des habitants.
L’articulation proposée se veut intégrée : protéger l’environnement, améliorer le cadre de vie et renforcer la résilience relèvent du même mouvement. Dans une ville qui s’étend, traiter ces objectifs séparément revient le plus souvent à les manquer tous les trois.
Le document est également présenté comme un outil d’aide à la décision pour la planification des investissements futurs. C’est peut-être là son usage le plus décisif : hiérarchiser, alors que les moyens publics restent comptés.
Un accompagnement engagé depuis 2020
L’Agence française de développement accompagne le département de Brazzaville depuis 2020. Le plan lui-même est présenté comme le fruit d’un travail approfondi et collectif mené depuis 2025 (ACI). Une gestation qui en dit long sur la difficulté de l’exercice.
Les consultants de Suez Consulting ont été mobilisés à cette fin. « L’équipe de consultants a été mandatée par l’Afd pour accompagner la municipalité dans l’élaboration de ce premier Plan climat », a précisé Alicia Galvez, chargée de projet résilience urbaine (ACI).
Reste le nerf de la guerre. Le travail a permis d’identifier des partenaires financiers susceptibles d’accompagner la mise en œuvre, l’Union européenne et la banque européenne étant cités (ACI). Identifier n’est pas engager : la suite se jouera sur des lignes budgétaires.
Le climat mis en images
La cérémonie s’est doublée d’un concours photo. Trois lauréats ont été primés dans deux catégories, « Les conséquences du changement climatique » et « Solutions, initiatives et gestes pour le climat », avant une exposition photographique.
Le geste n’a rien d’anecdotique sur un territoire où l’adaptation demeure une notion abstraite. Montrer les effets du dérèglement, puis les gestes qui y répondent, installe le sujet dans le regard des habitants plus sûrement qu’un tableau de chiffres.
Ce que le Pact devra prouver
Brazzaville dispose désormais d’une feuille de route que le député-maire inscrit dans les Objectifs de développement durable et l’Accord de Paris. La valeur du Pact se mesurera moins à son contenu qu’aux décisions municipales qu’il inspirera dans les prochains mois.
Un premier plan climat n’est jamais qu’un point de départ. Celui-ci a le mérite d’exister, de nommer les vulnérabilités du territoire et de désigner les chantiers. Le reste appartient aux arbitrages locaux et aux financements à consolider.





