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Un impératif mondial de redevabilité des ressources

Depuis deux décennies, l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) s’est affirmée comme le mètre-étalon de la bonne gouvernance des matières premières. Dans un marché caractérisé par la volatilité des cours et l’exigence croissante des investisseurs, la publication régulière de données financières fiables est devenue une norme internationalement reconnue. Les États producteurs sont d’autant plus incités à conjuguer performance économique et responsabilité sociétale que la transition énergétique multiplie les attentes en matière de traçabilité des flux financiers et environnementaux.

Le Congo-Brazzaville, riche de gisements pétroliers, forestiers et miniers, s’inscrit dans cette dynamique globale. Porté par la vision du président Denis Sassou Nguesso de faire de la transparence une composante de la diplomatie économique, le pays veut démontrer que l’exploitation de ses ressources peut être un vecteur de stabilité budgétaire et de progrès social, tout en répondant aux standards internationaux de divulgation.

Une mobilisation interministérielle autour du rapport 2024

Réunis le 24 juillet à Brazzaville sous la présidence du ministre des Finances Christian Yoka, les membres du Comité national ITIE ont entériné la feuille de route menant à la publication du prochain rapport avant la fin 2025. À ses côtés, les ministres Arlette Soudan-Nonault et Rosalie Matondo ont rappelé que la convergence entre politiques environnementales et gouvernance extractive constituait un levier déterminant pour l’attractivité du pays.

Cette séance, deuxième réunion statutaire de l’année, a permis de réévaluer l’état d’avancement des chantiers techniques : finalisation du rapport de cadrage, consolidation des bases de données, mise à jour des registres cadastraux et perfectionnement des mécanismes de réconciliation des paiements. Les parties prenantes ont salué la montée en compétence des administrations sectorielles, tout en soulignant la nécessité d’une synchronisation accrue des systèmes d’information.

Des défis méthodologiques encore prégnants

Malgré les progrès enregistrés, le président du comité national, Florent Michel Mokoko, a reconnu que le Congo doit encore combler certaines lacunes pour prétendre à une validation sans réserve par le Secrétariat international (ITIE). Les indicateurs relatifs à la divulgation des contrats, à l’audit des entreprises d’État et au suivi des flux quasi budgétaires demeurent sous étroite surveillance.

Dans un délai d’un an, le gouvernement prévoit de renforcer l’exhaustivité des données fiscales, de standardiser les rapports des régies financières et de consolider la traçabilité des paiements sociaux. Ces exigences, si elles représentent un défi technique, constituent également une opportunité de modernisation des procédures internes, comme l’expliquent plusieurs experts du Fonds monétaire international (FMI) sollicités à Brazzaville.

Vers une gouvernance extractive toujours plus inclusive

L’originalité du modèle congolais réside dans la place accordée à la société civile et au secteur privé. Les plateformes d’échanges instaurées depuis 2019 ont permis d’associer ONG, syndicats et opérateurs à la rédaction des feuilles de route sectorielles. Cette approche participative répond aux recommandations formulées lors de la précédente validation, lesquelles pointaient la nécessité d’un débat public élargi autour de la redistribution des revenus extractifs.

Pour consolider cette dynamique, des commissions thématiques devraient être instituées dès le prochain trimestre. Elles auront pour mission d’examiner, domaine par domaine, l’alignement des pratiques nationales sur les 12 attentes principales du Standard ITIE 2023. Au-delà du respect strict des critères, l’ambition est de faire émerger une culture de la reddition de comptes propice à l’investissement durable et à la cohésion sociale.

L’horizon 2025, jalon stratégique pour les finances publiques

Le rapport couvrant l’année fiscale 2024 revêt une portée particulière. D’une part, il constitue la deuxième publication d’un millésime intervenant dans un laps de temps rapproché, gage de régularité. D’autre part, il s’inscrit dans un cycle budgétaire où la diversification de l’économie et le verdissement des recettes sont placés au rang de priorités nationales. La validation attendue en 2025 pourra ainsi servir d’argument auprès des bailleurs pour refinancer les projets structurants du Plan national de développement.

Selon un haut fonctionnaire du ministère des Finances, la trajectoire de la dette publique dépend étroitement de la qualité des informations communiquées aux investisseurs. « Une notation favorable des efforts de transparence peut induire une prime de confiance, réduire notre coût du capital et, in fine, dégager des marges pour les programmes sociaux », confie-t-il, conscient de la corrélation observée sur d’autres places africaines.

Perspectives convergentes d’efficacité et de crédibilité

Les observateurs notent que la mise en œuvre d’une comptabilité multisectorielle harmonisée permettra de rationaliser les déclarations statistiques et de fiabiliser les projections macro-fiscales. L’introduction progressive d’outils numériques de collecte, couplée à des audits indépendants, devrait également renforcer la résilience de l’écosystème extractif congolais face aux fluctuations des marchés.

Au regard de ces avancées, la réussite de la validation ITIE en 2025 serait à la fois la reconnaissance d’un travail méthodique et le symbole d’un repositionnement géo-économique. Dans une région où la transparence reste souvent fragmentaire, Brazzaville entend faire figure d’élève appliqué, convaincue que la clarté des chiffres peut servir de socle à une prospérité partagée.

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