| Climat

À Brazzaville, deux ateliers soutenus par le Fonds d’urgence pour le patrimoine de l’Unesco se succèdent jusqu’au 18 septembre. Objectif : renforcer les capacités en gestion des risques et valider une stratégie de résilience climatique pour le patrimoine culturel et naturel du Congo.

Brazzaville ouvre un chantier pour le patrimoine face au climat

Le coup d’envoi a été donné le 14 septembre à Brazzaville. Ondélé Dzalala Amboulou, directeur de cabinet du ministre de la Culture, des Arts, du Patrimoine national et de l’Industrie touristique, a patronné l’ouverture de deux ateliers consacrés au patrimoine culturel et naturel de la République du Congo.

Le premier, programmé du 14 au 16 septembre, vise à renforcer les capacités en gestion des risques de catastrophes. Le second, programmé du 16 au 18 septembre, porte sur la validation de la stratégie de résilience climatique et de gestion des risques.

La démarche se veut progressive : consolider d’abord les compétences en gestion des risques, puis valider le cadre stratégique censé orienter la réponse. Les deux rendez-vous se passent le relais le 16 septembre.

Un financement de l’Unesco pour anticiper les catastrophes

L’initiative est financée par le Fonds d’urgence pour le patrimoine de l’Unesco. Son ambition est lisible : mieux prévenir et mieux gérer les risques climatiques et les catastrophes qui touchent le patrimoine culturel et naturel congolais.

Les rencontres doivent aussi permettre au Congo de se doter d’outils d’évaluation stratégique adaptables et d’un mécanisme de protection durable. L’idée est simple : protéger un site ne se résume pas à réagir après les dégâts, cela suppose d’anticiper les menaces.

Un cadre juridique qui engage l’État

Pour Aimé Amedé Moussoungou, directeur général du patrimoine et des archives, l’enjeu relève d’abord d’une obligation. Il a rappelé les textes qui engagent le pays, à commencer par la loi n° 8-2010 du 16 juillet 2010 portant protection du patrimoine national culturel et naturel.

Il a également cité la Convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, ratifiée par la République du Congo. « Obligation nous est faite en tant qu’État d’assurer la protection et la mise en valeur de notre patrimoine », a-t-il souligné.

Ce rappel n’a rien d’anodin. En adossant la démarche au droit national et aux engagements internationaux, le discours officiel présente la sauvegarde du patrimoine comme une responsabilité de l’État, et non comme une simple option.

Le bassin du Congo, un trésor exposé

La représentante de l’Unesco au Congo, Fatoumata Barry Marega, a salué l’engagement du gouvernement en faveur de la préservation et de la valorisation de son patrimoine.

Son message tenait en une double ambition : « Mieux protéger le patrimoine face aux risques, mais aussi reconnaître pleinement sa contribution à la résilience des communautés et les territoires. Le Congo possède un patrimoine d’une richesse exceptionnelle. »

Le pays abrite une partie majeure du bassin du Congo, l’un des plus grands ensembles forestiers tropicaux au monde. Un capital naturel considérable, mais fragile.

« Ce patrimoine est de plus en plus exposé aux effets du changement climatique et aux catastrophes, inondations, érosions, incendies, événements météorologiques extrêmes ou encore dégradations des écosystèmes », a déploré la diplomate onusienne.

L’inventaire dessine un large éventail de menaces, qui ne pèse pas seulement sur les paysages. Les biens culturels subissent eux aussi ces pressions, comme l’ont montré les exemples avancés lors de l’ouverture des travaux.

Loango et les archives, symboles d’un héritage menacé

Ondélé Dzalala Amboulou a cité un cas emblématique : « le port d’embarquement des esclaves de Loango, dont le légendaire débarcadère se trouve dans la menace permanente d’une importante érosion côtière ».

Le lieu illustre le lien étroit entre mémoire et environnement. Un site chargé d’histoire peut être fragilisé par le recul du littoral, preuve que la protection du patrimoine culturel se joue aussi sur le trait de côte.

Le directeur de cabinet a aussi évoqué une menace plus discrète : l’humidité, qui détruit les archives dans plusieurs départements du pays. Moins spectaculaire qu’une érosion côtière, ce phénomène met en péril une part de la mémoire écrite nationale.

Une stratégie attendue au terme des travaux

Les travaux doivent s’achever le 18 septembre. D’ici là, les participants sont appelés à valider la stratégie de résilience climatique et de gestion des risques. Reste à savoir comment ce document se traduira concrètement.

Pour les voyageurs, les enseignants ou les acteurs de la conservation, l’enjeu est tangible : des forêts du bassin du Congo au littoral de Loango, en passant par les fonds d’archives, c’est tout un héritage que le pays entend mieux défendre face au climat.

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