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Nouvelle équipe dirigeante du CSLC

Le Conseil supérieur de la liberté de communication, instance chargée d’arbitrer le pluralisme médiatique en République du Congo, vient de boucler une session élective qui consacre la mise en place d’un bureau au complet, présenté par plusieurs observateurs comme un jalon pour la modernisation du secteur.

La séance du 19 août, tenue à Brazzaville, a vu l’élection par consensus de Jean Obambi comme vice-président et de Jérôme-Patrick Mavoungou au poste stratégique de secrétaire comptable, formant avec le président Médard Milandou Nsonga un triumvirat censé impulser une gouvernance collégiale.

À l’issue du vote, l’ensemble des hauts conseillers, tout comme les représentants des rédactions publiques et privées invités, ont entériné la nouvelle équipe sans abstention, saluant dans différentes interventions une page qui s’ouvre pour la régulation, dans un climat décrit comme constructif.

Compétences clés du CSLC

Institué par la Constitution, le CSLC dispose d’un mandat large: garantir le libre accès des citoyens à l’information, protéger les professionnels contre toute entrave à leur mission et délivrer ou retirer les autorisations d’émettre aux opérateurs audiovisuels privés, selon les textes en vigueur.

Il assure également le suivi de toutes les formes de médias, encourage la concurrence loyale, prévient la concentration excessive et veille à la diversité des programmes diffusés sur les ondes nationales, plaçant l’intérêt public au cœur d’une stratégie qui conjugue liberté, responsabilité et cohésion sociale.

Sur le plan économique, l’institution ambitionne de soutenir une production locale plus compétitive, notamment en réservant des quotas de diffusion à la création congolaise et en favorisant des partenariats Sud-Sud, initiative alignée sur la politique gouvernementale de valorisation des industries culturelles et créatives.

Défis du paysage médiatique congolais

Le paysage audiovisuel congolais connaît toutefois des tensions structurelles : faiblesse des investissements, concurrence des réseaux sociaux et dispersion du marché publicitaire fragilisent des rédactions qui doivent composer avec des infrastructures parfois vétustes, tout en répondant aux exigences d’instantanéité d’un public de plus en plus connecté.

Dans ce contexte, la régulation devient un exercice délicat, équilibrant la liberté d’expression avec la prévention de dérives telles que la désinformation ou les discours de haine, problématiques mondiales qui n’épargnent pas la région et appellent, selon plusieurs universitaires, « une pédagogie permanente ».

Les nouveaux membres du bureau disent vouloir privilégier la médiation plutôt que la sanction, en misant sur des formations destinées aux rédactions régionales et à l’écosystème numérique, afin de consolider la crédibilité du journalisme et de renforcer la confiance du public dans les médias nationaux.

Réactions des acteurs et partenaires

Pour François Ondongo, directeur d’un quotidien privé, « l’approche collégiale affichée par le bureau est de bon augure, à condition que les délais d’instruction des dossiers de licences soient raccourcis », un souhait qu’une responsable du CSLC juge « compatible avec la modernisation administrative en cours ».

Côté coopération internationale, l’Organisation internationale de la Francophonie a salué par communiqué la constitution rapide du bureau, soulignant que « la stabilité institutionnelle est un élément central pour renforcer la chaîne de confiance entre médias, citoyens et institutions » tout en se déclarant prête à soutenir des programmes de formation.

Les partenaires techniques, notamment l’Union africaine de radiodiffusion, envisagent pour leur part des échanges de bonnes pratiques sur la réglementation des plateformes numériques, sujet jugé prioritaire par de nombreux régulateurs africains qui cherchent à harmoniser les standards sans freiner l’innovation locale.

Perspectives institutionnelles

Le mandat du bureau s’ouvre dans un timing stratégique : la transition vers la télévision numérique terrestre se poursuit et l’adaptation du code de la communication, annoncée par le ministère de tutelle, devrait être mise à l’agenda parlementaire d’ici la prochaine session ordinaire.

Selon un expert proche du dossier, cette double échéance oblige le régulateur à articuler sa feuille de route autour de trois axes : la refonte des procédures, la numérisation des archives et l’amélioration des indicateurs de performance, critères désormais suivis par plusieurs partenaires au développement.

En parallèle, le CSLC souhaite déployer un observatoire de la qualité des contenus qui recourra à l’intelligence artificielle pour détecter les propos discriminatoires, tout en maintenant l’examen humain, afin d’éviter les biais technologiques et de préserver la richesse du débat démocratique multilingue.

Pour Médard Milandou Nsonga, « la crédibilité d’un régulateur se mesure à sa capacité d’écoute ». Il assure que des consultations régionales seront organisées avant chaque décision majeure, pratique proche des modèles scandinaves qui, selon lui, prouvent qu’inclusivité et efficacité peuvent converger.

En définitive, l’installation rapide du bureau complet, couplée à un agenda réformiste, conforte la trajectoire d’un secteur médiatique que les autorités souhaitent plus compétitif et plus inclusif. Les prochains mois diront si la dynamique actuelle permettra d’atteindre cet équilibre attendu par toutes les parties.

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