Brazzaville s’apprête à recoudre sa façade fluviale. En marge des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le gouvernement congolais a signé un accord avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, la Badéa.

La cérémonie s’est tenue à Kintélé. Elle a réuni le ministre de l’Économie, des Finances et du Portefeuille public, Christian Yoka, et le président de la Badéa, Abdullah KH Almusaibeeh. Le vice-Premier ministre Jean Jacques Bouya en assurait la supervision.

Un ruban d’asphalte le long du fleuve Congo

Le premier volet vise la poursuite de la corniche Sud de la capitale. Doté de 47 milliards de FCFA, il relie le rond-point Matour, à Makélékélé, jusqu’au quartier de Madibou, au plus près des berges du fleuve Congo.

Le tracé prévoit un viaduc déployé le long du cours d’eau. Pour un magazine attaché aux paysages fluviaux, l’image interroge autant qu’elle séduit, tant le fleuve structure ici la vie quotidienne et l’horizon des habitants.

La rivière Djoué au cœur des travaux

Le projet accorde une place singulière à la rivière Djoué, affluent qui ponctue le sud de Brazzaville. Un nouveau pont doit y être bâti, tandis que l’ouvrage existant sera réhabilité afin d’absorber un trafic appelé à croître.

La passerelle piétonne qui enjambe le Djoué sera elle aussi rénovée. Ce geste, modeste en apparence, conditionne la marche, la flânerie et l’accès du public à la rivière, des usages souvent négligés dans les grands chantiers routiers.

Promenade, paysages et éclairage : un urbanisme de la rive

Au-delà du bitume, le programme intègre des espaces paysagers, une promenade aménagée et un éclairage public. S’y ajoutent un giratoire, un mini-échangeur et des bretelles d’accès destinés à fluidifier la circulation entre les quartiers concernés.

Cette attention portée au cadre de vie mérite d’être soulignée. Une corniche n’est pas qu’un axe de transit : bien pensée, elle peut devenir un lieu de respiration urbaine, un balcon collectif ouvert sur l’eau et sur les couchers de soleil.

Une question de mesure pour les berges

Reste l’équation propre à tout aménagement riverain. Construire un viaduc et des ponts au contact d’un fleuve majeur et d’un affluent suppose des précautions sur les berges, les écoulements et les milieux qui les bordent.

La source consultée ne détaille pas les dispositions environnementales retenues. Par prudence, nous nous gardons d’en préjuger. L’enjeu, pour un projet de cette ampleur, sera de concilier mobilité, esthétique de la rive et préservation des écosystèmes fluviaux.

Une cité gouvernementale au centre-ville

Le second projet financé porte sur la construction d’une future cité gouvernementale, au centre-ville de Brazzaville. Elle prendra place sur le site des anciens ministères de la Santé et de la Fonction publique, à proximité du ministère de la Justice.

Ce choix d’implantation, sur un foncier déjà bâti et central, évite d’étendre la ville vers ses marges naturelles. Densifier l’existant plutôt qu’étaler l’urbanisation constitue, sur le principe, une orientation cohérente avec une approche soucieuse des territoires.

Lire le projet à l’échelle du paysage

Pris ensemble, ces deux chantiers dessinent une capitale qui se réoriente vers son fleuve et son centre. Pour Brazzaville, la rive du Congo n’est pas un simple décor : elle est mémoire, économie et identité, à la croisée des routes fluviales régionales.

La réussite de la corniche Sud se mesurera autant à ses ouvrages d’art qu’à sa capacité à offrir aux habitants un accès apaisé à l’eau. Le fleuve, ici, reste le véritable maître d’œuvre du paysage que ce projet entend façonner.

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