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Un paquebot de luxe qui jette l’ancre devant Pointe-Noire, et c’est tout un pan du littoral congolais qui se découvre. Le 7 avril, le SH Diana a offert à ses passagers une parenthèse de nature, loin des escales balnéaires habituelles.

Une escale qui sort des sentiers battus

Venu de Luanda, en Angola, le SH Diana a accosté sur la côte congolaise au terme de quelques jours de navigation. Le navire, construit en 2023 et battant pavillon libérien, appartient à cette nouvelle génération de bateaux d’expédition tournés vers les destinations rares.

Pointe-Noire, ville côtière et poumon économique du Congo-Brazzaville, n’a pas servi de simple point de ravitaillement. L’escale ouvrait la porte à une excursion d’un autre genre, à environ quatre-vingt-dix minutes de route de la cité portuaire.

Sur le quai, la délégation comptait des visages connus. La ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Lydie Pongault, accompagnait les voyageurs. À ses côtés, Aurélie Makosso, présidente de la Lamba Fondation, faisait office de guide de cette journée placée sous le signe du vivant.

Cap sur la réserve de Lamba Bilolo

Direction Yanga, dans le département du Kouilou, et sa cité des Grands Lacs. C’est là que s’étend la réserve naturelle de Lamba Bilolo, un espace de plus de mille hectares dédié à la conservation. Le lieu intrigue autant qu’il rassure.

La réserve bénéficie de l’appui du Jane Goodall Institute, organisation mondialement reconnue pour son travail sur les grands singes. Cette caution scientifique ancre Lamba Bilolo dans une démarche sérieuse, où le tourisme ne vient pas grignoter la nature mais financer sa préservation.

Pour les croisiéristes, le programme tenait de l’immersion. Observation de primates dans leur milieu, safaris à travers les paysages du Kouilou, promenades sur les eaux calmes du lac Loandjili. Autant de moments suspendus, rythmés par le chant de la forêt et le glissement des pirogues.

Les retours, eux, ont été élogieux. Les visiteurs ont salué la richesse du site et la qualité de l’accueil, repartant avec l’image d’un Congo encore préservé, où la faune occupe toute sa place.

L’écotourisme congolais cherche son cap

Au-delà de l’anecdote, cette escale dit quelque chose d’une ambition. Le secteur écotouristique congolais avance, porté par des opérateurs comme Akwaba Tour et soutenu en haut lieu. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso entend faire du pays un nouveau pôle d’écotourisme d’exception.

L’équation reste délicate. Accueillir des navires de cette taille suppose des infrastructures, une logistique et une vigilance constante pour que la fréquentation ne pèse pas sur des écosystèmes fragiles. Lamba Bilolo, avec son adossement à une institution de conservation, propose un modèle où ces garde-fous existent.

La force du Kouilou tient à cette nature généreuse, ses lacs, ses forêts et sa faune. La transformer en argument touristique sans la dénaturer reste le défi de fond. Chaque escale réussie comme celle du SH Diana en devient une démonstration grandeur nature.

Quand le littoral devient une promesse

L’image est parlante. Des passagers d’un paquebot international troquant le pont supérieur contre une promenade lacustre, attirés non par une plage mais par des primates et une réserve. Le tourisme de demain pourrait bien ressembler à cela sur la côte congolaise.

Pointe-Noire dispose là d’un atout encore peu exploité. La proximité entre la ville et des espaces naturels d’envergure offre une combinaison rare, capable de séduire une clientèle en quête d’authenticité plutôt que de standardisation.

Reste à inscrire ces escales dans la durée, à multiplier les partenariats et à protéger ce qui fait la valeur du lieu. Si le pari est tenu, le Congo-Brazzaville pourrait écrire, lac après lac, sa propre carte de l’écotourisme responsable.

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