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Brazzaville a fait halte sur le chemin de ses forêts. Du 17 au 20 février 2026, le Congo-Brazzaville a passé au crible six années d’engagements pris avec la CAFI, avant d’ouvrir un nouveau chapitre de coopération.

Une halte pour mesurer le chemin parcouru

Pendant quatre jours, Brazzaville a transformé une salle d’atelier en miroir. Le pays y a examiné la Lettre d’Intention qui le lie à l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale, la CAFI, depuis plusieurs années.

La rencontre, organisée par le Secrétariat permanent de la coordination, a rassemblé experts gouvernementaux, acteurs du secteur privé et voix de la société civile. Objectif assumé : tirer les leçons d’une première phase avant d’écrire la suivante.

Un accord né en 2019, bâti sur 52 jalons

Tout remonte au 3 septembre 2019. Ce jour-là, le président congolais Denis Sassou-Nguesso et son homologue français Emmanuel Macron, alors à la tête du Conseil d’administration de la CAFI, scellent l’accord.

Le document n’a rien d’une déclaration symbolique. Il s’appuie sur 52 jalons étalés de 2019 à 2025, qui balisent une trajectoire précise pour les forêts du bassin du Congo.

Huit secteurs prioritaires structurent l’engagement : agriculture, foncier rural, contrôle environnemental, gestion durable des forêts, mines et hydrocarbures, bois énergie, coordination et financement du partenariat. Un périmètre large, à la mesure des pressions qui pèsent sur ces écosystèmes.

Neuf projets pour traduire les promesses en actes

Sur le terrain, l’ambition prend la forme de neuf projets. Huit sont déjà en phase d’exécution, le dernier reste en instruction. C’est là que se joue la crédibilité des engagements.

Ces chantiers visent à renforcer la coordination, à soutenir le secteur privé et la société civile, et à développer un bois énergie plus durable. Ils consolident aussi le système national de mesure, notification et vérification, le SYNA-MNV.

Ce dernier outil n’est pas un détail technique. Il conditionne la capacité du pays à prouver, chiffres à l’appui, ses progrès contre la déforestation et les émissions qui l’accompagnent.

Une consultation pensée en trois temps

L’évaluation a suivi une chorégraphie réfléchie. D’abord les experts des ministères clés et les coordonnateurs de projets. Ensuite les représentants du privé et de la société civile. Enfin les conseillers de la Primature et les directeurs généraux du comité de pilotage.

Cette progression par cercles successifs a élargi la palette des contributions. Elle a permis d’évaluer les avancées de manière participative, sans cantonner la parole aux seuls décideurs.

Identifier les blocages, préparer la suite

« Cette consultation visait à identifier les difficultés rencontrées, les points de blocage et à prioriser les besoins pour la mise en œuvre de la seconde phase », a rappelé Augustin Ngoliélé, attaché à l’économie forestière à la Primature.

Le diagnostic ne s’arrête pas au constat. Selon Jean De Dieu Nzila, secrétaire permanent du partenariat Congo-CAFI, les travaux ont aussi débouché sur des recommandations concrètes, destinées à renforcer l’efficacité et la transparence de la coopération.

Cap sur une deuxième lettre d’intention

Au terme de l’atelier, des orientations ont été dessinées pour une deuxième Lettre d’Intention. L’idée est d’assurer la continuité des engagements tout en les consolidant, dans la droite ligne de l’esprit de 2019.

La démarche dit quelque chose d’une volonté : ancrer une coopération durable sur des résultats mesurables, plutôt que sur des intentions répétées. Pour les forêts du bassin du Congo, l’enjeu dépasse les frontières nationales.

Car la CAFI, faut-il le rappeler, est un fonds fiduciaire soutenu par des bailleurs internationaux. Elle accompagne les pays du bassin dans la conservation et la gestion durable de leurs forêts, en finançant des projets innovants. Brazzaville vient d’en franchir une étape.

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