Sous le ciel de Brazzaville, du 17 au 20 février 2026, un atelier de concertation nationale a réuni décideurs et techniciens. Objectif : évaluer la lettre d’intention liant la République du Congo à la CAFI, l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale.
Dans cette ville posée au bord du fleuve, les forêts du bassin du Congo deviennent enjeu de souveraineté autant que de climat. Les participants ont mesuré le chemin parcouru, identifié les obstacles et esquissé les contours d’une nouvelle étape.
Un partenariat forestier au service du développement durable
La cérémonie d’ouverture était présidée par Augustin Ngolielé, de la primature. Autour de lui, experts et responsables ont confronté leurs regards sur des projets qui engagent, à long terme, l’équilibre écologique d’une région tout entière.
Le professeur Jean de Dieu Nzila, secrétaire permanent du partenariat Congo-CAFI, a insisté sur le poids stratégique de cette évaluation. Pour lui, mesurer les avancées reste la condition d’une efficacité réelle des chantiers déjà lancés.
Ce dialogue prend racine dans une histoire récente. La lettre d’intention fut signée le 3 septembre 2019 par les présidents Denis Sassou-Nguesso, pour le Congo, et Emmanuel Macron, pour la France. Deux États unis autour d’une même ambition forestière.
Huit secteurs pour protéger le bassin du Congo
Augustin Ngolielé a rappelé l’ampleur du dispositif. Le partenariat embrasse huit secteurs : terres communautaires, surveillance environnementale, gestion durable des forêts, mines, hydrocarbures, bois-énergie, sans oublier la coordination et le financement des projets.
Derrière ces intitulés se dessine une approche globale. Il ne s’agit pas seulement de préserver des arbres, mais d’articuler usages locaux, ressources du sous-sol et besoins énergétiques au sein d’une même stratégie environnementale cohérente.
Le cadre programmatique réunit neuf projets. Huit sont en cours d’exécution, le neuvième fait l’objet d’une révision. Cette mécanique fine traduit la volonté d’ajuster l’action aux réalités du terrain plutôt qu’à des plans figés.
Des jalons précis pour mesurer les progrès
Le partenariat s’est fixé cinquante-deux jalons à franchir entre 2019 et 2025. Une grille exigeante, pensée pour rendre les engagements vérifiables et soustraire la conservation aux promesses vagues qui peinent souvent à se concrétiser.
La réalité a toutefois imposé ses inflexions. En raison de retards survenus au démarrage, certaines clôtures de projets ont été reportées à 2027. Un décalage assumé, signe d’un suivi attentif plutôt que d’un calendrier subi.
Pour éclairer ces avancées, une revue indépendante à mi-parcours a été conduite en septembre 2025. Elle a passé au crible l’ensemble des jalons jusqu’en 2025, offrant une lecture extérieure et argumentée de l’effort engagé.
Vers une nouvelle lettre d’intention
Cette concertation marque une étape décisive dans la consolidation du lien Congo-CAFI. Elle illustre la volonté affichée du gouvernement de faire des forêts un levier de croissance verte, créatrice d’emplois et de revenus pour les communautés.
L’atelier ne se limitait pas à un bilan. Il devait définir les besoins prioritaires de la deuxième phase du partenariat et formuler des recommandations, en vue d’une future lettre d’intention appelée à prolonger l’aventure.
Au cœur du bassin du Congo, ces forêts ne sont pas un décor lointain. Elles abritent une biodiversité rare et régulent un climat qui dépasse les frontières. Les protéger relève d’un intérêt partagé, local et planétaire à la fois.
À Brazzaville, ce rendez-vous rappelle qu’une diplomatie environnementale patiente peut transformer des engagements sur le papier en chantiers concrets. La suite dépendra de la constance avec laquelle ces ambitions seront tenues.




