Un nom de course tranché par la justice
À Brazzaville, le Tribunal de grande instance a mis un terme à un différend qui couvait autour d’une appellation devenue familière des amoureux du Mayombe. L’association Marcher courir pour la cause, plus connue sous le sigle MCPLC, s’est vu reconnaître la propriété de la marque « Les 72 heures du Mayombe ».
Le litige opposait l’association à José Cyr Ebina, lié à la structure Multisport lion d’or. Le tribunal a écarté l’exception d’incompétence soulevée par le défendeur, avant de statuer sur le fond du dossier.
Le Mayombe, un massif qui se raconte par la marche
Derrière cette querelle de propriété intellectuelle se dessine un attachement, celui d’un territoire. Le Mayombe, ce relief forestier du sud-ouest congolais, sert depuis des années de décor à des rendez-vous sportifs et populaires qui font dialoguer santé, endurance et découverte du paysage.
La Traversée du Mayombe, portée par MCPLC, en est l’exemple. L’association y associe l’effort physique à des campagnes de dépistage, faisant de la course un prétexte pour aller vers les populations. Un nom, dans ce contexte, n’est jamais qu’un simple mot.
Une décision aux effets immédiats
La portée du jugement ne s’arrête pas à la reconnaissance symbolique. Le tribunal a interdit à José Cyr Ebina comme à son association d’employer la dénomination « Les 72 heures du Mayombe ». Une ordonnance a prescrit le retrait immédiat de toute signalétique ou support arborant ce nom.
Cette exécution sans délai donne au verdict une force concrète. Sur le terrain, les affiches, banderoles et autres documents portant l’appellation contestée doivent désormais disparaître.
Ce que protège une marque
Pour MCPLC, la décision dépasse la seule victoire judiciaire. L’association estime qu’elle valide des années d’investissement et un engagement constant en faveur de la santé publique. Le nom incarne, à ses yeux, un patrimoine bâti événement après événement.
Soucieuse de sécuriser son identité, MCPLC a enregistré plusieurs marques auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. Une démarche qui rappelle que la défense d’un patrimoine immatériel, même sportif, passe aussi par les rouages du droit.



