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Dans la forêt de Moulimba, à quelques encablures de Mossendjo, une matinée de cueillette s’est achevée dans le drame. Le 30 juin 2026, Clarisse Mapembé y a perdu la vie sous la charge d’un éléphant solitaire, dans le département du Niari.

Un matin de cueillette qui vire au drame dans le Niari

Ce jour-là, Clarisse Mapembé cueillait des feuilles de marantacée avec quelques voisins. Cette activité familière, essentielle à l’économie domestique, l’a menée au cœur du domaine d’un pachyderme isolé.

L’animal a chargé sans détour. La violence de l’assaut n’a laissé aucune issue à la cueilleuse, piétinée dans la forêt qui borde la ville. L’émotion, aussitôt, a gagné toute la communauté de Mossendjo.

Quand la forêt devient une frontière disputée

Ce drame n’a rien d’un cas isolé. Il prolonge une série d’incidents comparables survenus en 2025 dans plusieurs districts du pays. À chaque fois, une même réalité affleure : hommes et faune sauvage se disputent un même espace.

La République du Congo abrite une population estimée à plus de 6 000 éléphants. Cette richesse, précieuse pour la biodiversité du bassin, se heurte pourtant à l’avancée des activités humaines sur des territoires longtemps partagés.

Habitats grignotés, corridors rompus

L’urbanisation gagne du terrain, tout comme l’exploitation des ressources. Peu à peu, ces pressions rognent les habitats naturels des éléphants et brouillent les corridors qu’ils empruntaient jadis sans croiser les villages.

Privés de leurs itinéraires familiers, certains animaux s’aventurent au contact des populations. La législation, qui protège strictement la faune, encadre par ailleurs l’élimination des bêtes jugées dangereuses, laissant les riverains démunis face au risque.

Vers une cohabitation à réinventer

Au-delà du deuil, l’affaire ravive la question de la responsabilité de l’État. En vertu de l’article 1384 du code civil, celui-ci se trouve tenu d’indemniser les familles endeuillées par ces conflits avec la faune.

Mais l’indemnisation ne suffira pas. Ce qui se joue à Moulimba appelle des réponses durables : restaurer les corridors, sécuriser les lisières, accompagner les cueilleurs. La cohabitation pacifique entre populations et éléphants reste un chantier ouvert.

Protéger l’éléphant sans exposer l’humain : telle est l’équation que Mossendjo, une fois de plus, adresse au Congo-Brazzaville. La forêt du Niari attend des actes autant que des mots.

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