Chaque premier samedi du mois, Brazzaville se donne rendez-vous avec ses trottoirs. Le 4 juillet, l'opération « Zéro déchet plastique et zéro palu » a de nouveau mobilisé habitants et autorités autour d'une ambition simple mais tenace : rendre la capitale propre, verte et durable.
Un rituel citoyen contre le sachet roi
L'initiative est portée par le ministre de l'Assainissement urbain, du Développement local et de l'Entretien routier, Juste Désiré Mondelé. À ses côtés, la Fondation Congo Assistance a pris cette fois le leadership de la journée, donnant à l'événement une résonance particulière.
Présidée par la Première dame, Antoinette Sassou N'Guesso, la fondation avance un argument de poids. Son secrétaire général, Michel Mongo, a rappelé que la Première dame porte le titre de championne de l'Union africaine pour la lutte contre les déchets plastiques.
L'enjeu dépasse le geste symbolique. Dans une ville tropicale, chaque sachet abandonné bouche une rigole, retient l'eau et offre aux moustiques un gîte idéal. Nettoyer les rues, c'est aussi assécher les foyers du paludisme, d'où le double mot d'ordre de l'opération.
Une capitale qui verdit, mais des rues qui rechutent
Le ministre Mondelé a dressé un bilan qu'il veut encourageant. Selon lui, la capitale « s'embellit et devient plus propre et plus verte », fruit d'un effort partagé entre les pouvoirs publics et les riverains mobilisés mois après mois.
Le tableau n'est pourtant pas sans ombres. Le ministre a mis en garde contre une recrudescence des emballages plastiques dans les rues. Il a réaffirmé leur interdiction et plaidé pour une application stricte de la loi qui les bannit.
Cette tension révèle la difficulté de fond. Une réglementation ne suffit pas si le réflexe individuel ne suit pas. D'où l'insistance des organisateurs à transformer ce rendez-vous mensuel en habitude durable, ancrée dans le quotidien de chacun.
Marchés modernes et solidarité en ligne de mire
Au-delà du ramassage, le ministre a annoncé la construction imminente de nouveaux marchés modernes. Ces équipements sont appelés à remplacer des installations précaires, souvent sources d'insalubrité et de déchets mal maîtrisés dans l'espace urbain.
La dimension collective a été soulignée jusque dans les rangs internationaux. Le coordonnateur résident du système des Nations unies au Congo a estimé que « ce geste de solidarité et de civisme doit devenir une habitude quotidienne ».
Reste l'essentiel, invisible sur les photos de balais et de gants. Faire d'un samedi de propreté un mode de vie suppose que le civisme survive au reste de la semaine, entre deux opérations, loin des caméras et des discours officiels.





